19juin2013

Gouvernement d'union au Mali: sortir du fétichisme des dates

Éviter de confondre vitesse et précipitation. C'est visiblement l'option faite par Dioncounda Traoré qui mène, à son rythme, des consultations pour la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. Qui va lentement va sûrement, enseigne justement  l'adage, dont s'inspire le miraculé du palais de Koulouba.

 

Du reste, le patron de la transition malienne «pourra parfaitement demander au président en exercice de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest, NDLR) ainsi qu'au médiateur, des délais supplémentaires pour lui permettre de mettre en place de manière consensuelle, cette équipe gouvernementale». Ces propos de Djibrill Bassolé, le chef de la diplomatie burkinabè et missi dominici de Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, constituent la preuve sage, qu'il faut se départir du fétichisme des dates, dans la résolution de cette double et triste crise qui frappe le Mali.

Certes, au nord du pays, les islamistes, lourdement armés, répandent et arrosent à souhait, les graines de la charia, malgré la farouche détermination de populations malheureusement aux mains nues. Certes à Bamako, les «bérets verts» du Capitaine Amadou Sanogo, l'homme fort de l'ex junte, au lieu de chercher à rendre au Mali son nord, en le libérant de ses assaillants, continuent de mener des incursions punitives contre les «bérets rouges» du camp de Djikoroni. Certes, encore, bien des facteurs comme la division qui empêchent les politiciens maliens de parler dans le seul intérêt de la reconstitution de leur pays morcelé, constituent toujours des obstacles pour le retour à la normale de la situation au Mali.

Si les hommes de Kati, kalachs en l'air et leurs alliés politiques et de la société civile sont loin d'avoir dit leur dernier mot, l'espoir semble renaître sur les bords du Djoliba, avec la reprise en main des choses par le président de transition. Il reste maintenant que la communauté internationale, notamment dans sa composante qui a balayé le régime de Kadhafi en Libye, semant le chaos au Mali et par ricochet dans le Sahel, apporte un appui décisif au processus de recherche de paix, enclenché par les Maliens et la Cédéao. Toutefois, avant tout, «la classe politique malienne doit mettre de côté les rivalités politiciennes, pour construire, comme l'a conseillé Djibrill Bassolé, les fondements de la transition».

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