24mai2013

Chambre de commerce du Burkina: qui veut la peau de la «belle mère nationale»?

Ça gronde du côté de la Chambre de commerce et de l'industrie du Burkina Faso, dont la présidence est assurée par Dame Alizèta Ouédraogo, suite à la disparition de El Hadj Oumarou Kanazoé. Lorsque le Vieux rendait l'âme l'année dernière, un ami, du secteur libéral nous avait fait la bien énigmatique confidence suivante: «Le pays, notamment le microcosme du secteur privé et le landernau politique sentiront bientôt les secousses qui émaneront de la chute de ce baobab».

Huit mois après, la Chambre de commerce, est en train de donner raison aux prédictions de l'homme. Mais avait-on réellement besoin d'être devin pour savoir que cette fonction stratégique et d'honneurs divers, allait aiguiser l'appétit de prétendants, qui attendaient que le respecté Ladji de Yako, la laisse vacante? Difficile donc aujourd'hui de vouloir tuer dans l'oeuf les ambitions des potentiels nouveaux membres consulaires en rallongeant, à partir d'arguments fallacieux, le mandat des anciens. Mais la pilule a visiblement du mal à passer.

C'est ainsi que le linge sale, au lieu d'être lavé dans la famille des animateurs des secteurs du commerce et de l'industrie au Burkina Faso, est en train d'être étalé sur la place publique. De quoi faire retourner Ladji dans sa tombe! Si la manifestation du 13 juin dernier pour protester contre la prorogation du mandat des membres consulaires actuels est «signe de vitalité de la démocratie burkinabè», comme l'a signifié Franck Tapsoba, le Directeur général de la CCI/BF, elle est, indubitablement la preuve du ras-le-bol d'un camp. Ce camp qui veut du reste la peau, honni soit qui mal y pense, de Alizèta «Gando», patronne de Tan Aliz, la société spécialisée dans le commerce des cuirs et peaux, présidente actuelle de CCI/BF. Indéniablement, il faut reconnaître les mérites de Dame Ouédraogo qui a solidement noué le pagne pour poursuivre l'œuvre du regretté Kanazoé. Pourquoi donc ne pas lui donner la chance de conserver son fauteuil, en tenant des élections transparentes et surtout à bonne date? La Commission électorale nationale indépendante (Céni) dont l'expertise est sollicitée pourra toujours apporter son appui, au mieux de ses capacité, elle qui est fortement sollicitée pour les élections législatives et municipales couplées de décembre 2012.

L'opportunité est d'autant plus importante à saisir, que celle qu'on surnomme affectueusement la «belle mère nationale» du fait que son gendre a pour nom, François Compaoré, le frère cadet du chef de l'Etat, aura en face d'elle, Apollinaire Compaoré, un autre mastodonte des affaires au Burkina. Qui plus est, les tâches pour lesquelles on fait jouer de la prolongation aux membres consulaires actuels, pour être mieux élaborées et s'incruster dans la durée devraient être menées par une équipe bénéficiant de l'onction de tous, ou tout au moins de la majorité. Car entreprendre des réformes, parfaire des textes et améliorer la représentativité, c'est un vaste programme qui ne saurait être l'oeuvre d'un bureau qui assure comme l'intérim, et dont le mandat arrivait normalement, à terme, le 26 août 2012.

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Your Contact Details:
Commentaire:
[b] [i] [u] [s] [url] [quote] [code] [img]   
:D:angry::angry-red::evil::idea::love::x:no-comments::ooo::pirate::?::(
:sleep::););)):0