Crise alimentaire et afflux des réfugiés au Burkina: pourquoi pas un appel à l’aide internationale?
- Post 20 février 2012
- By Morin Yamongbè
Le Sahel est une fois de plus confronté à une crise alimentaire, résultat du déficit pluviométrique qui a affecté cette partie de l’Afrique qui, sans être résolument hostile à l’humain, n’en est pas moins austère. Le Burkina Faso, pays sahélien, enclavé de surcroit n’échappe donc pas à cet énième coup de pied de Dame nature dont les conséquences s’annoncent catastrophiques pour les populations rurales et citadines.
Les Burkinabè ne savent plus quel Saint invoquer, eux qui doivent en plus, à l’instar des Nigériens et Mauritaniens, partager les derniers grains de leurs greniers avec leurs nombreux frères maliens qui ont pris la route de l’exil, chassés par la rébellion touarègue dans le Nord de leur pays. Le casse-tête du gouvernement burkinabè ne sera sans doute pas l’un des plus simples à résoudre au titre de cette année et même de celles à venir. Au fait, pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas encore lancé un appel à l’aide internationale pour faire face à la crise alimentaire doublée de l’afflux des réfugiés maliens, phénomènes auxquels le pays est confronté? Est-ce pour une question de souveraineté? Ou bien, les services compétents sont-ils à pied d’œuvre pour répertorier d’abord les besoins en la matière? Peut-être, car, ce serait suicidaire de la part de nos autorités de penser que les seuls stocks de sécurité pourront permettre de faire face à cette situation. Certes, «gouverner c’est prévoir». Mais malgré les stratégies et autres «programmes saaga» pour provoquer les pluies, c’est difficile de prévoir que le ciel serait aussi capricieux et autant avare en pluies. Même les changements climatiques dont les pays africains sont loin d’être les premiers responsables ont dicté leur loi, hypothéquant sérieusement la saison agricole.
Toute honte bue, les dirigeants doivent surtout faire fi des calculs politiques dont a longtemps usés et abusés un ancien chef d’Etat nigérien, Mamadou Tandja, pour ne pas le citer, pour cacher à la face du monde, la famine qui décimait ses propres compatriotes. D’ailleurs, dans le cas de figure, les nantis de la république ne souffriront pas de ce fléau, car avant d’arriver à eux, la famine doit d’abord marcher sur les cadavres des crève- la-faim du peuple. Le bémol rassurant est que les autorités burkinabè n’ont jamais hésité à tendre la sébile quand il y a péril en la demeure. Sans se réjouir de notre état de garibou (élèves des écoles coraniques contraints à la mendicité par leur maître), on peut tout de même les encourager à crier au feu. Un proverbe bien de chez nous n’enseigne-t-il pas qu’ «il faut vendre son mal pour y trouver remède»?
