
255 députés à élire. C’est le défi que se sont fixés les Ivoiriens, ce dimanche 11 décembre 2011. 25 000 policiers, gendarmes et militaires ivoiriens, soutenus par 700 casques bleus de l’Onuci, la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire. La campagne électorale, singulièrement sa fin, ayant été endeuillée officiellement par 5 morts, c’est dire combien la sécurité, avec la participation, constituait l’aspect le plus important de ces législatives, les premières depuis 11 ans et 8 mois après la fin de la guerre civile.
Le test était de taille, car c’est l’occasion pour les Ivoiriens de faire montre de leur volonté d’aller vers la normalisation complète de la situation. Si côté sécurité, tout s’est relativement bien passé, les nouveaux hommes forts d’Abidjan pourront difficilement se satisfaire du taux de participation. L’affluence dans les bureaux de vote a été reconnue sensiblement faible par les observateurs. Ce qui a d’ailleurs poussé Alassane Ouattara, le président ivoirien à sonner le tocsin à l’endroit de ses concitoyens qu’il a appelés à voter massivement. Après avoir lui-même glissé son bulletin dans l’urne, l’homme dont le parti, le Rassemblement des républicains (RDR) part en pôle position devant le Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI) dans ces élections, n’a pas manqué de redire aux Ivoiriens, le grand enjeu de ce scrutin qui devrait être la véritable première victoire sur le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. Si l’ex dirigeant, actuel locataire des geôles de la Cour pénale internationale à La Haye, est bien loin d’Abidjan, son ombre n’a pas moins plané sur ses premières législatives d’après-guerre que sa formation politique a appelé de toutes ses forces à boycotter, malgré les appels constamment renouvelés des nouvelles autorités à son endroit. Certes, des pro Gbagbo, en candidats indépendants ont pris part aux élections, ramant ainsi à contre-courant du mot d’ordre du FPI, mais il n’en demeure pas moins que le parti, même si certains lui reprochent à raison sa politique de la chaise vide, n’est pas totalement mort.
Toutefois, ce serait illusoire de s’attendre à un enthousiasme débordant des populations ivoiriennes pour ces élections, dans un pays qui sort de 10 ans de guerre et qui continue de panser ses plaies. Les rancoeurs prennent du temps à s’évanouir et la grande préoccupation de nombre d’Ivoiriens est loin des urnes mais plutôt proche des besoins existentiels comme se nourrir.
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