L’enfer est aussi sur terre. Ce ne sont pas les populations de la Corne de l’Afrique où sévissent sècheresse et famine depuis quelques mois qui diront le contraire. Ce sont plus de 12 millions d’âmes qui sont menacées dans cette région de l’Afrique, mais ils sont près de 4 millions de Somaliens en danger de mort. Et les quelque 2 milliards d’euros nécessaires pour juguler cette crise aux conséquences catastrophiques inestimables pour l’ensemble des pays de la Corne de l’Afrique, voire le continent entier, tardent à se réunir.
Pire, en l’absence de sécurité hors et à l’intérieur des camps de réfugiés qui ont poussé comme des champignons du fait de la présence de miliciens, le peu d’aides qu’arrivent à rassembler des structures comme le Programme alimentaire mondial (Pam) connaît des fortunes diverses. Ce secours en vivres et autres matériels atteint tout, sauf son objectif, même si le Pam affirme le contraire, alors qu’il est en train de mener une enquête sur le vol de nourriture par des miliciens notamment. En effet, si les convois ne sont pas attaqués et pillés, la manne onusienne, déjà insignifiante face à l’ampleur des besoins, est volée par des individus sans foi qui la revende sur le marché. Ces deux dimensions du drame viennent se greffer à un autre, et pas des moindres. En effet, les populations font toujours face aux affres de la guerre qui secoue la Somalie depuis des années, menée par les rebelles Shebab. Du reste, ceux-ci, bien qu’ayant quitté la capitale, Mogadiscio, demeurent maîtres de la majeure partie des zones sinistrées. A l’instar de la technologie de pointe de synthèse d’image, la crise dans la Corne de l’Afrique se joue en 3D, au grand dam de populations affamées et qui ne vivent réellement que d’espoir.
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