Ouahigouya: l’espoir brisé?
- Post 4 juillet 2011
- By Morin Yamongbè
La grande finale de football de la Coupe de l’espoir qui devait se dérouler au stade municipal de Ouahigouya le 2 juillet dernier n’a pas eu lieu. Pourtant, c’était le week-end de l’espoir à Ouahigouya. Du reste, les courses cyclistes en dames et en hommes qui annonçaient les couleurs de cette fête, se sont déroulées, comme à l’accoutumée dans la matinée, dans un esprit fraternel. Mais finalement, ce samedi 2 juillet 2011 s’est transformé en une soirée cauchemardesque pour les populations de la région du nord, particulièrement pour les amoureux du ballon rond.
La confrontation entre les secteurs 5 et 3 qui était considérée comme l’apothéose de la compétition, qui en est à sa 17ème édition, a avorté. La raison officielle invoquée par le secteur 5 est que son adversaire du jour comptait dans ses rangs, des «mercenaires», entendez par là des joueurs qui ne sont pas du quartier. Les interventions de personnalités de haut rang comme Yacouba Ouédraogo et Yacouba Barry, respectivement ministres en charge des Sports et de l’Habitat, celles d’élus nationaux et locaux, ou encore d’envoyés du Roi du Yatenga et de personnes ressources comme Noufou Ouédraogo, ne feront pas plier, les contestataires. Elles n’amèneront pas non plus, les contestés ou leurs dirigeants à extirper de leur liste, les joueurs par qui la fronde est arrivée. Que dire du comité d’organisation qui n’a eu ni le flair, ni l’esprit de jugement adéquats pour prévenir cette dérive qui n’a pas fait honneur à la cité de Naaba Kango? Si certains n’hésitent pas à voir la «mains de politiciens» derrière ce trébuchement de la Coupe de l’espoir, d’autres, à l’image de son initiateur, Boureima Badini, ancien footballeur et surtout ancien président de la Fédération burkinabè de football, n’y voient que les effets nocifs de la passion qui a toujours conduit cette discipline. Tout le monde est visiblement coupable dans cette situation, où la passion a donc, une fois de plus, pris le pas sur le fair-play, assassinant au passage, l’espoir d’une jeunesse et de populations pour qui la Coupe de l’espoir est devenue l’évènement sportif phare de cette ville. Plus que ses retombées positives pour l’avenir du ballon rond, cette manifestation est d’ailleurs une source, certes ponctuelle, mais importante de revenus économiques pour la ville de Ouahigouya. Mieux, très loin des frontières du Burkina Faso, ce tournoi annuel a fait connaître Ouahigouya et ses sympathiques habitants qui fraternisent autour du foot, avec pour objectif noble de porter, dans l’unité, le développement de leur contrée. Quel espoir pour la coupe de l’espoir? Les regards sont désormais tournés vers le promoteur, Boureima Badini, réprésentant spécial du facilitateur en Côte d’Ivoire, qui, animé de la même passion du football, assure depuis 17 ans, avec l’appui de ses partenaires, la tenue de la Coupe de l’espoir.
