24mai2013

Présidentielle burkinabè: c’est trop calme!

«C’est trop calme». C’est le constat qui se dégage indubitablement de l’observation de trois semaines de campagne électorale et de la journée de vote, ce dimanche 21 novembre 2010. La présidentielle burkinabè qui oppose Blaise Compaoré, le président sortant à 6 autres challengers, en l’occurrence, Bénéwendé Stanislas Sankara, Hama Arba Diallo, Maxime Kaboré-seul indépendant et le plus jeune-, Boukary Kaboré dit Le Lion, François O. Kaboré et Emile Pargui Paré, n’aura pas connu le même piquant que dans les pays voisins.

«Nous on veut la paix, contrairement à vous les journalistes qui préférez toujours là où c’est chaud», a justifié un cadre du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir). C’est donc dans ce calme plat, que ne réussit même pas à perturber les cris d’orfraie coutumiers d’opposants inquiets de se faire «voler une fois de plus la victoire», que les 12 600 bureaux de vote répartis sur le territoire national, ont ouvert leurs portes aux quelque 3,2 millions d’électeurs sur un potentiel électoral de 7,5 millions, ce dimanche 21 novembre 2010, sous l’œil scrutateurs de plus de 3000 observateurs locaux et internationaux. Certes, le taux de participation est faible, mais à certains endroits, comme au Conseil régional du centre, l’affluence, sans être record était tout de même appréciable dans la matinée.C'est là qu'à l'instar du chef de l'Etat, nombre de caciques du pouvoir en place et les membres de leurs familles expriment leur droit d'électeur. Ceci pourrait donc expliquer cela.

Au bureau de vote N°1 installé au siège du Conseil régional du centre, où ils ont, tour à a tour, accompli leur devoir de citoyens, accompagnés de leurs épouses, Blaise Compaoré, candidat à sa propre succession et Tertius Zongo son premier ministre ont signifié toute leur satisfaction du calme, synonyme de «paix sociale», dans laquelle s’est déroulée la campagne électorale et maintenant le scrutin lui-même. Et tous deux attendent que le peuple redonne sa confiance à Blaise Compaoré, qui, aux termes de la Constitution du Burkina Faso, devrait effectuer son deuxième et dernier quinquennat, s’il est réélu au soir de ce 21 novembre. «Monsieur le président, est-ce votre dernier mandat?». Cette interrogation d’une consoeur à Blaise Compaoré demeurera sans réponse. Non pas que le candidat se soit volontairement dérobé, mais sauvé par le gong, sous la forme d’une question d’un autre confrère qui lui était plutôt préoccupé par ce que Blaise Compaoré attendait des électeurs. Mais le suspense est presque levé, car alors qu’il était en campagne il y a quelques jours, le candidat Compaoré n’a pas caché son intention de s’aligner sur la proposition de son parti de réviser, pour une énième fois l’article 37 de la Constitution, afin de faire exploser le verrou de la limitation des mandats. Si ce vœu cher à certains Burkinabè se réalise, l’actuel locataire du palais de Kosyam, pourrait aller de nouveau à la conquête de son fauteuil en 2015. Car pour 2010, Blaise Compaoré est donné archi favori et dans la savane plate du Burkina, ces genres de pronostics ont simplement valeur de paroles d’évangile. Et le peuple attend donc, sans grand suspense, le résultat de cette élection, en principe pour au plus tard le 25 novembre prochain.   

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