Mouammar Kadhafi et Silvio Berlusconi sont deux personnages sulfureux et excentriques à souhait. Rien de plus normal donc que ceux qui se ressemblent, s’assemblent. Et comme tous les chemins mènent à Rome, le bédouin de Benghazi, lui a emprunté celui de la commémoration du deuxième anniversaire de la signature du traité d'amitié italo-libyen, qui a mis fin au contentieux colonial entre les deux pays.
A l’occasion, Kadhafi, «one man show» devant l’Eternel ne s'est pas privé de certains de ses caprices, tel celui d’ériger sa tente dans les jardins de l'ambassade de la Libye à Rome. Certes, il n’aura pas l’opportunité, encore moins le privilège de la dresser sur une place publique, comme il le fait de façon coutumière en Afrique, où la plupart des dirigeants lui mangent dans la main. Mais, en Italie, il a quand même sa tente fétiche, comme dans le Parc de l’hôtel Marigny lors de son séjour français en décembre 2007 et dans une banlieue new-yorkaise, en septembre 2009, lorsqu’il participait, aux Etats-Unis d’Amérique, à l’Assemblée générale de l’Onu, que son pays présidait. Mieux, l'homme a partagé dans cette belle ville très catholique, les enseignements du Coran avec 500 jeunes femmes. D’une manière ou d’une autre, malgré les protestations des populations, les responsables des Etats peuvent difficilement refuser certaines choses à Kadhafi, intérêts économiques obligent. Le pétrole et les petro-dinars libyens pèsent donc de tout leur poids dans les relations avec cet homme, que la fameuse communauté internationale avait mis en quarantaine, comme un pestiféré, à une certaine époque. Mais beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et aujourd’hui, nonobstant ses frasques, le guide libyen est devenu fréquentable, n’en déplaise aux victimes de l’attentat de Lockerbie, aux inoxydables défenseurs des droits de l’homme et aux ressortissants de nombre de pays africains chassés régulièrement comme des insectes nuisibles, du pays du «Kadhafi nouveau». Comme quoi, la diplomatie et la politique marchent selon des principes très étrangers à la raison.
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