Ils ont osé injurier le Général en pleine rue! Ce fut l’œuvre des partisans de Sidya Touré, le candidat de l’UFR (Union des forces républicaines), arrivé en troisième position du premier tour de l’élection présidentielle en Guinée. En effet, bravant les mesures du premier ministre Jean Marie Doré qui interdisaient toute manifestation de rue avant le verdict de la Cour suprême, les militants du candidat malheureux ont investi des rues de Conakry pour protester contre des fraudes qui auraient entaché le scrutin et qui ont pénalisé leur cheval. Le leader de l’UFR qui, accuse lui aussi la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) de lui avoir volé ses voix, ne décolère pas non plus, ce qui ne fait qu’attiser le feu au niveau de sa base. Pourtant, des recours ont été déposés auprès de la Cour suprême qui n’a pas encore rendu son papier.
Quel diable a donc pu emballer à ce point Sidya Touré et ses ouailles pour qu’ils fassent fi de toute patience-qui dit-on est un chemin d’or- et des interdictions de l’autorité pour mettre en péril cette élection présidentielle appelée de tous leurs vœux par les Guinéens et la communauté internationale? Pour avoir été Premier ministre de la Guinée sous des régimes de braise pour les populations, Sidya Touré sait mieux que quiconque que ce premier scrutin libre et ouvert, certes organisé quelque peu dans la précipitation, pourrait bien représenter le point de départ d’une nouvelle ère de démocratie et de prospérité pour ce pays.
Il suffira de faire une bonne gestion de l’après présidentielle et que chaque Guinéen, notamment les leaders politiques, serve réellement son pays, quelle que soit la place qui est la sienne dans la société. Et ça, il ne faut pas forcément être président de la république pour contribuer au développement de la Guinée, qui n’a plus le droit de régresser. C’est vrai que la rue, c’est aussi une expression de la démocratie, mais dans sa peau actuelle de faiseur de roi, Sidya Touré gagnerait mieux à prendre langue avec l’un des candidats au second tour, en l’occurrence Alpha Condé ou Cellou Dalein Diallo, afin d’opérer un bon placement politique pour le futur. Une chose est certaine, les négociations souterraines vont bon train et toutes les alliances sont les bienvenues, le temps étant propice pour pactiser, même avec le diable, pour accéder au fauteuil présidentiel. Pendant ce temps, le Général Sékouba Konaté, le président de la transition doit prendre son mal en patience, et aller jusqu’au bout de son «patriotisme» pour remettre le bateau Guinée à flots. En Afrique, on dit que le chef est une poubelle. C’est actuellement le cas en Guinée, surtout en cette période où tous les débordements sont à prévoir.
| Commentaires |
|
|
||||||||


