Goodluck n’aura pas eu la chance devant la toute puissante Fifa, la structure qui gère le football mondial et qui a toujours fait montre d’une frilosité maladive à propos de l’ingérence du politique dans «ses» affaires. En effet, le président nigérian est finalement revenu sur sa décision de retirer l’équipe de football de son pays de toute compétition internationale pendant deux ans suite à l’élimination prématurée des Supers Eagles du Mondial 2010. C’est même une heure avant l’ultimatum de la Fifa que Jonathan Goodluck a plié, pour échapper au couperet de Sepp Blatter qui s’apprêtait à s’abattre le football nigérian. Ainsi, les Super Eagles pourront bel et bien continuer à participer à toutes les compétitions internationales, au grand dam du chef suprême du Nigéria, dont l’autorité s’arrête là où commence le diktat de la Fifa.
Si c’est difficile, voire inadmissible d’apporter une quelconque caution à la décision de Mister Goodluck, ce serait également injuste de continuer à supporter ces…ingérences de la Fifa dans les affaires nationales. Car, au vu des sacrifices que concèdent les autorités politiques africaines pour faire vivoter le football dans leurs pays, en soutenant tant bien que mal des championnats nationaux sans couleurs, sans supporter et surtout sans sponsors, c’est inimaginable que la Fifa les empêche de dire leur mot, quand la machine est grippée. Certes, la Fifa apporte un soutien financier, mais c’est presqu’euphémisme de dire que cet appui est comme une goutte d’eau, incapable d’apaiser la soif inextinguible de ces gouffres financiers que sont aujourd’hui le football, et le sport de façon générale.
Il importe donc que le juste milieu soit trouvé, afin que des équipes fédérales et des joueurs, certains de l’immunité inconditionnelle de la Fifa évitent d’avoir des comportements qui poussent les autorités politiques de leurs pays, à des réactions extrémistes telles celle de Jonathan Goodluck qui a dû céder à la fatwa de la Fifa. C’est loin de faire la fierté du Nigéria. Et ce n’est pas la France qui dira le contraire, elle dont les politiques ont dû réfréner leurs ardeurs sous les injonctions fermes de la Fifa qui, une fois de plus n’était pas prête d’accepter… l’immixtion du politique dans le sport.
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