Au début de ce Mondial’2010, on pouvait compter les observateurs qui misaient sur le Ghana comme équipe quart finaliste sur le bout des doigts d’une main. Tous les espoirs des Africains allaient plutôt aux Lions indomptables du Cameroun, aux Eléphants de Côte d’Ivoire, aux Bafana Bafana d’Afrique du sud et aux Fennecs d’Algérie. Personne n’osait vraiment parier sur la chance des Black Stars du Ghana, une équipe trop jeune, donc sans expérience, qui plus est, privée de Michael Essien, son capitaine et métronome.
Malgré la défaveur des pronostics, ces garçons font scintiller l’étoile noire ghanéenne avec l’ambition noble de la faire briller davantage dans le firmament sud-africain. Sur les six équipes africaines engagées dans la compétition, c’est donc le petit poucet ghanéen qui lavera l’affront de tout un continent qui, nonobstant le nombre élevé de ses joueurs dans les meilleurs championnats du monde, continue de faire piètre figure.
Cinq représentants tombés sans avoir vraiment combattu! C’est le triste bilan que l’Afrique présente, alors que la 19e édition de la Coupe du monde engage sa vitesse de croisière. Pâle copie que vient relever des jeunes ghanéens sans complexe et déterminés à sauver l’honneur de leur patrie, mais surtout celui d’un continent qui, pourtant, a le privilège d’accueillir pour la première fois l’organisation de ce prestigieux tournoi sur son sol. Ce Ghana dont on avait prématurément vendu la peau, hormis ces détenus d’un commissariat de police de Ouagadougou qui, depuis leurs cellules, imploraient la magnanimité de leurs geôliers, afin que ceux-ci leur permettent de suivre les prouesses de André Ayew et ses camarades. Ils n’ont pas pu être témoins oculaires des succès des Black Stars, mais ils ont le mérite d’avoir cru en ces footballeurs dont le talent n’a d’égal que le courage.
Certes, les Ghanéens, qui permettent à l’Afrique de placer une équipe en quarts de finale, après le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2006, sont encore loin du très convoité trophée en or massif, mais ils ont sauvé l’Afrique d’un naufrage collectif dans ces propres eaux. Mieux, ils sont encore présents dans un Mondial 2010 très boulimique, qui a bouffé des grands comme l’Italie et la France, respectivement championne et vice-championne du monde sortantes, l’Afrique du Sud, le pays organisateur, et tout dernièrement l’Angleterre, écrasée en huitièmes de finale par l’Allemagne, pour ne citer que ces pays.
L’appétit venant en mangeant, et bénéficiant désormais des bénédictions de tous les dieux africains, les Ghanéens nous réservent certainement encore bien du bonheur pour la suite du Mondial. Et si jamais ils tombent en quarts de finale contre l’Uruguay, le 2 juillet prochain, les Black Stars auront, tout de même, largement rempli leur contrat.
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