Il s’appelle John Magee. Jusqu’à ce mercredi 24 mars, il était évêque de Cloyne en Irlande. Mais critiqué pour sa gestion des cas d’abus sexuels au sein de l’Eglise, notamment dans son diocèse où deux prêtres ont été accusés de pédophilie, l’homme de Dieu a rendu…sa soutane. Le Pape Benoît XVI, dans sa croisade contre ce mal qui ronge l’Eglise et qui fait la Une de l’actualité ces derniers temps n’a pas osé refuser cette démission, contrairement aux habitudes classiques en la matière.
Depuis que les «brebis égarées» de l’Eglise sont dénoncées et que le successeur de Saint Pierre et 265e souverain pontife a courageusement, dans une lettre pastorale publiée il y a quelques jours, exprimé la honte et le remords du troupeau de Jésus, un gros pan de l’épais voile qui cachait cette plaie a été déchiré. Les victimes qui continuent de crier leur ras-le-bol ne sont pas satisfaites des excuses du Saint Père. Pour cela, ces hommes et femmes abusés, alors qu’ils n’étaient que des enfants innocents, par des adules à qui on donnerait le Bon Dieu sans confesse, exigent que l’Eglise prennent ses responsabilités en mettant à nu tous les abus commis et en démettant de leurs fonctions, les prélats impliqués dans ces scandales. Tous les abus seront-ils dénoncés? Certes, en dehors de l’Irlande, l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse ont été cités, entre autres, comme des pays où des cas d’abus sexuels ont été révélés. Quid des pays africains où la foi catholique est encore inébranlable, nourrie par l’abondante sève des nombreux fidèles qui prennent d’assaut quotidiennement et hebdomadairement les non moins nombreux lieux de culte, pour aller prier et louer Dieu?
Les Africains, reconnus pour leur pudeur légendaire et habités de cette foi à soulever les montagnes, auront-ils le courage nécessaire pour s’en prendre au représentant de Dieu qui les console dans leur misère endémique et leur montre la voie pour accéder au paradis? Où alors, cette plaie de pédophilie n’existe-t-elle qu’au pays des Blancs? Peut-être, car sous les tropiques, on n’entend parler, le plus souvent, que du viol par certains prêtres, de leur vÅ“u de chasteté. Et ça, on peut bien s’en accommoder, comme dans le film « Wendémi»-Dieu seul sait- du réalisateur burkinabè, Saint Pierre Yaméogo. Heureusement, ces envoyés de l’apôtre Saint Pierre qui s’éloignent de la bonne voie ne constituent, sans doute, que la portion congrue de cette multitude de pasteurs qui accomplissent avec amour, le sacerdoce à eux confié par l’Eglise.