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Côte d’Ivoire: Faites vos jeux, plus rien ne va!

Faites vos jeux, plus rien ne va. Le clash au sommet semble désormais inévitable en Côte d’Ivoire et l’élection présidentielle plus que jamais aléatoire. Au vu des nouvelles exigences de Laurent Gbagbo et ses courtisans, il devient de plus en plus évident que la présidentielle, qu’on espérait pour fin avril-début mai, trouvera difficilement une date cette année. Au pire des cas, elle ne se tiendra jamais, tant que le locataire, qui se mue en propriétaire à vie, du palais de Cocody, ne sera pas certain de conserver son fauteuil.

A peine les derniers soubresauts de la dissolution du gouvernement et de la destitution de la Commission électorale indépendante et de son président Robert Beugré Mambé s’estompent-ils que le chef de l’Etat ivoirien construit de nouveaux ralentisseurs sur la route tracée par l’Accord politique de Ouagadougou afin de conduire aux élections en Côte d’Ivoire. Si les jeunes patriotes, véritables porte-voix de Laurent Gbagbo,  réclament maintenant la mise à plat des commissions électorales locales, la récente trouvaille du camp présidentiel est le désarmement total de l’ex-rébellion, comme préalable à toute élection. Loin d’être une doléance objective, cette exigence est un vrai chantage qui a pour but de retarder le plus longtemps possible, la tenue de cette présidentielle qui pourrait bien être fatale à Gbagbo et ses «refondateurs». C’est pourquoi, l’homme entend avoir toutes les cartes en main et surtout le contrôle absolu de la machine électorale.

 

Et pour s’éviter toute surprise désagréable, Gbagbo se passerait bien de ces armes que les ex-rebelles gardent encore jalousement, au cas où. Ces armes sont-elles en mesure, dans la réalité, d’empêcher des élections ouvertes et démocratiques dans une Côte d’Ivoire qui avait été déclarée réunifiée par le même pouvoir d’Abidjan? C’est donc clair que le pays demeure divisé en deux, avec Gbagbo comme «président d’Abidjan», alors que le Nord se trouve toujours aux mains des ex-rebelles et de leurs chefs de guerre, les fameux «comzones». Guillaume Soro, Premier ministre issu de l’Accord de Ouagadougou, et ses ex-rebelles sont conscients que déposer définitivement les armes dans le contexte sociopolitique actuel et les revirements incontrôlables du «président boulanger», fait d’eux, au mieux des clients de premier choix pour la justice, au pire, des cadavres ambulants. Dans cette logique où il faut espérer que les différents protagonistes se limitent à cette guerre ouverte par déclarations interposées, c’est une fois de plus les élections qui sont prises en otage et la paix qui est de nouveau menacée sur les bords de la lagune Ebrié.

 

 

 

 

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