Alea jacta est! Dans les sillons tracés par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), la Cour constitutionnelle et son président Abdou Assouma viennent de confirmer la victoire de Faure Gnassingbé à la dernière élection présidentielle à un tour, du 4 mars dernier. Si le fils de Feu le général Gnassingbé Eyadéma n’a pas réalisé l’exploit de faire des résultats staliniens comme son géniteur en son temps, il n’en demeure pas moins que Faure a sauvé le fauteuil que lui a légué son père, par un score de 60,88%.
Son challenger immédiat, Jean-Pierre Fabre, candidat de l’Union des forces du changement (UFC), n’a pu obtenir que 33,93% des suffrages exprimés, soit presque moins de la moitié de la moisson de Faure Gnassingbé. Les autres candidats n’ont pu grappiller que moins de 8% des voix.La messe est donc dite et si des gens, notamment les opposants espéraient encore un miracle après la proclamation des chiffres provisoires du scrutin présidentiel du 4 mars 2010, ils ont dû déchanter. L’instance juridictionnelle suprême a bel et bien sifflé la fin de la récréation, en rejetant pour «insuffisance de preuves» tous les recours déposés par les candidats. Mieux, le couperet de la Cour est tombé: «Cette proclamation est définitive».
En la matière, la Cour constitutionnelle n’a pas fait mieux que tous ces observateurs qui, dans leur ensemble, avaient déjà décerné un blanc-seing à cette élection, faisant royalement fi des cris d’orfraie de Jean-Pierre Fabre et de ces milliers de jeunes Togolais, pour qui, une fois de plus, «leur victoire» a été volée. La non authentification de nombre de bulletins, le recomptage des procès-verbaux à cause de la défaillance inexpliquée du système VSAT, le vote anticipé contesté des militaires, etc., n’ont point été considérés, entre autres, comme des facteurs pouvant entacher cette présidentielle. Même si une grande manifestation de protestation est annoncée à Lomé pour ce samedi 20 mars, il faut se rendre à l’évidence que la caravane Faure est passée malgré les aboiements des «chiens». Pour les puristes de la démocratie et les tenants de l’alternance, il n’y a plus rien à espérer cette fois-ci. Peut-être dans 5 ans.
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