Dialogue de sourds dans les eaux vaseuses de la lagune Ebrié. Ainsi se présente la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire, où l’élection présidentielle devient de plus en plus une chimère. En dehors du Premier ministre et des 17 ministres issus du camp Gbagbo, le gouvernement, qui doit conduire aux élections, est une équipe encore incomplète. Onze maroquins restent toujours sans propriétaires. Y’aura-t-il décantation, maintenant que l’équipe de la nouvelle CEI est connue? Il faut l’espérer et surtout espérer que le RHDP revienne à de meilleurs sentiments, surtout que le président de cette CEI qui vient d’être mise en place pourrait sortir de ses rangs. Le nom qui revient le plus étant celui de Youssouf  Bakayoko, membre du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain), ancien ministre en charge des Affaires étrangères.
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Quelle sera la nouvelle donne politique à Abidjan? L’opposition, réunie au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), qui exigeait le rétablissement, dans ses fonctions, de l’ancien président de la Commission électorale indépendante (CEI), répondra-t-elle maintenant à l’appel du nouveau gouvernement? Dans le même temps, Laurent Gbagbo, qui demeure le maître du jeu, refuse de fléchir. Non seulement il ne voulait pas entendre parler du retour de certains ministres de l’opposition dans le gouvernement, qui tarde à se former, mais il ne veut plus voir, même dans un miroir, la silhouette de M. Mambé, qu’il a limogé, après l’avoir accusé de fraude sur la liste électorale.
Se faisant l’écho de leur mentor, Blé Goudé, le «général» de la rue, et ses «patriotes», s’opposent à toute CEI à l’ancienne. Il faut à ces otages de la démocratie d’une autre forme, une CEI «affranchie des partis politiques». En somme, une CEI qui sera sous la totale emprise de Laurent Gbagbo, qui se taillera alors, en toute impunité, des élections sur mesure. Car, selon ses détracteurs, si Gbagbo -que l’opposition dit ne plus reconnaître comme président de la Côte d’Ivoire- n’a pas accepté d’organiser une élection présidentielle démocratique et confisque le pouvoir depuis bien longtemps, c’est parce qu’«il n’est pas sûr de la remporter». Aussi, connaissant assez bien maintenant le «boulanger», qui a toujours su rouler tout son monde dans la farine, le camp d’en face raidit-il, lui aussi, sa position. Et la Côte d’Ivoire continue d’avoir mal à ses politiciens.
Devant ce blocage, dénoncé tant par les populations ivoiriennes, qui en ont marre de ces micmacs politiciens, que la communauté internationale, lassée des promesses non tenues, l’alternative nigérienne qui a balayé Mamadou Tandja pourrait bien s’imposer. Mais la Côte d’Ivoire n’est pas le Niger, même si des similitudes liées à la boulimie du pouvoir deviennent ostensibles. En tout cas, on attendait toujours le nouveau gouvernement de Soro et le nouveau président de la CEI, le premier dépendant de la deuxième. A l’instar des «24 Heures Chrono» de Jack Bauer, Soro demandera-t-il encore 48 heures pour sauver la Côte d’Ivoire de la grande déflagration?
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