Quand auront lieu les élections en Côte d’Ivoire? Même Julien Lepers, le célèbre animateur de «Questions pour un champion», trouvera difficilement… champion à cette question! Sur les bords de la lagune Ebrié, où on assiste ces derniers jours au retour des vieux démons de la violence, c’est par des tirs en l’air que les forces de l’ordre sont contraintes de mettre fin aux désordres créés par les contestations et réclamations autour des listes électorales. Si le bilan de ces heurts entre manifestants et hommes de tenue est difficile à établir à l’heure actuelle, la situation, elle, est inquiétante, vu qu’à plusieurs égards, elle pourrait bloquer le cours normal du processus préparatoire des élections. Du coup, ce sont les échéances électorales, auxquelles on peine déjà à trouver des dates, qui seront hypothéquées.
Comme si les contestations des citoyens ne suffisaient pas, c’est au sein même de la Commission électorale indépendante (CEI) que naît un front de refus, qui compte désormais boycotter de façon très active, l’opération de règlement des contentieux liés à l’établissement de la liste électorale définitive, ce gros serpent de mer. En dehors du peuple, qui en a marre de tous ces piétinements, les acteurs politiques ivoiriens veulent-ils réellement la tenue des élections? La question mérite d’être sérieusement posée, au regard du peu de bonne foi et de l’absence totale de sincérité des politiques, notamment les dirigeants actuels, dans leurs actes de tous les jours. Ils se contentent de servir des symboles à la communauté internationale pour éloigner d’eux tout empêcheur de gouverner sans passer par les urnes. Les Forces nouvelles restent en réalité des rebelles qui continuent de dicter leur loi dans une bonne moitié de la Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo et compagnie, eux, sont heureux de régner sur le reste du territoire.
Dans ce climat de «ni guerre, ni paix», où ceux qui détiennent les armes gèrent également les richesses, les élections démocratiques se font attendre. Cela ne dérange que les opposants, qui piaffent d’impatience, étant tenus très éloignés du gâteau national, désormais aux mains de Laurent Gbagbo et de son Premier ministre, Guillaume Soro. Ainsi va la refondation. Les élections? On verra après, peut-être après la Coupe du monde de football. Les «Eléphants» ont besoin de supporters, pas d’électeurs!
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