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La rue menace, l’armée gronde

Alors que la santé de Moussa Dadis Camara continue de susciter des interrogations à n’en plus finir, et que le lieutenant «Toumba» Diakhité, son ex-aide de camp, qui a failli l’envoyer de vie à trépas, demeure insaisissable, ça gronde de partout en Guinée. La tension est de plus en plus vive au sein de l’armée, où plusieurs clans, partagés entre le général Sékouba Konaté dit le «Tigre», intérimaire du chef de la junte, et le capitaine Claude Pivi alias «Coplan» se regardent en chiens de faïence. La grosse interrogation est maintenant de savoir qui dégainera le premier, la troupe ne pouvant s’accommoder de deux chefs.

Si le «Tigre» entend mettre sa férocité au profit d’une transition qui devrait déboucher sur des élections sans heurt, Pivi, fidèle parmi les fidèles de Dadis Camara, lui, continue de semer la terreur au sein des populations civiles et des forces vives guinéennes. Défenseur indécrottable du capitaine putschiste, hospitalisé depuis le 4 décembre 2009 à Rabat, au Maroc, Pivi et ses «bérets rouges» restent campés sur les positions de départ de la junte, et n’entendent visiblement pas lâcher le pouvoir. Mais, Sékouba Konaté, loin de passer pour un tigre en papier, prend ses marques. Il a prouvé qu’il sait rugir, en faisant libérer une douzaine d’officiers et de sous-officiers, dans leur grande majorité proches de Feu Lansana Conté, arrêtés, pour certains, lors de la prise du pouvoir par l’armée, le 23 décembre 2008.

Alors que la poudrière menace d’exploser au camp Alpha Yaya Diallo, la rue gronde, elle aussi. En effet, les Forces vives de la Guinée, dont presque tous les responsables, craignant pour leur vie, ont trouvé refuge à Paris, maintiennent la pression. A Conakry où l’on attend pour bientôt la désignation d’un Premier ministre dans les rangs de l’opposition, le mouvement social met sur la table de nouvelles exigences. Syndicats et patronat exigent, entre autres, des informations claires sur l’état de santé de Dadis Camara, des mesures contre la vie chère et des garanties de sécurité pour les populations.

Quid de la médiation de Ouagadougou? Il ne reste plus à Blaise Compaoré qu’à tenir compte de tous ces ingrédients pour essayer d’amener les Guinéens à la paix, qui passe par des élections apaisées et le retour de l’armée dans les casernes.

 

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