Alors qu’on se souhaite encore les traditionnels vœux de bonheur, de santé, de paix, et de longévité dans le monde entier, en Argentine, la famille Gallardo, elle, vient de perdre l’une de ses filles, en la personne de Sonia, dont l’existence sur terre a tragiquement été écourtée par la deuxième édition latino-américaine du rallye Dakar. C’était le samedi 2 janvier dernier, alors que le «Dakar 2010», qui venait de démarrer en trombe, n’en était qu’à sa première étape.
Après la mort de cette spectatrice qui avait commis le «péché impardonnable» de vouloir vivre la passion de la mythique course auto-moto de trop près, on se demande combien de personnes paieront encore de leur vie le Dakar, toujours aussi insatiable. A quelque chose, malheur est bon, pourrait-on dire, à raison, en Afrique, où l'on commençait à en avoir sa dose de victimes du rallye. Les morts ne se comptaient plus au sein de paisibles populations, sur la route du marché ou des champs, à la recherche du pain quotidien. De même, le continent noir, contre quelques dons de médicaments, dérisoires sur la balance des dégâts engendrés, voyait dans une impuissance presque totale, son environnement se dégrader, par les émissions de CO2 de ces belles et monstrueuses mécaniques, comme venant d’une autre planète.
Et le «Dakar» quitta… Dakar pour causes de menaces terroristes insistantes. L’Afrique, débarrassés du «Dakar» malgré elle, ne s’en est pas moins plainte, du fait du peu glorieux qualificatif de continent à risques qui lui a été collé. Désormais, le «Dakar» tue ailleurs, malheureusement, notamment sur un continent latino-américain où nombre de pays sont toujours sous-développés, comme en… Afrique.
Nonobstant la constante polémique qu’elle soulève à chacune de ses éditions, la sécurité sur le rallye, tant au niveau des concurrents que des spectateurs trop enthousiasmés, n’est visiblement pas pour demain. Quel est donc le seuil de morts que devra atteindre le «Dakar», pour susciter davantage d’émoi de la part des décideurs? Une chose est certaine, compte tenu de ses spectacles garantis et de sa rentabilité, le «Dakar», malgré quelques protestations qui demeurent bien timides, a encore, visiblement, de beaux jours devant lui.
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