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Togo: Eviter le syndrome de la présidentielle de 2005

«Nous ne nous sommes pas entendus». Cette déclaration de Me Paul Apévon du Comité d’action pour le renouveau (Car), sert valablement de communiqué final à la rencontre entre le pouvoir et l’opposition togolais, sous l’égide du Facilitateur, Blaise Compaoré, le 27 décembre dernier à Ouagadougou. Le consensus tant espéré par la classe politique et le peuple togolais autour de la question du mode de scrutin pour la présidentielle n’a pas été obtenu.

Du coup, cela nous donne raison, lorsque dans notre éditorial du mercredi 16 décembre 2009, nous nous demandions si le combat de l’opposition togolaise de passer du scrutin uninominal à un tour à celui à deux tours n’était pas perdu d’avance. Une fois de plus, malgré la facilitation du Président du Faso qui leur a demandé de s’en remettre aux dispositions constitutionnelles qui, le pouvoir et l’opposition, ne parleront pas le même langage, dans l’intérêt de la stabilité au Togo. Ce petit pays qui, à chaque veille d’élection se transforme en une grosse marmite bouillonnante qui finit presque toujours par épandre son contenu volcanique, dans une explosion sanglante. C’était, le cas il n’y a pas très longtemps, avec les violences qui ont suivi la présidentielle d’avril 2005 et qui ont fait des centaines de morts et plus de 40 000 réfugiés chez les voisins du Bénin et du Ghana. La lagune Bê n’a pas fini de drainer tous ces cadavres que le climat sociopolitique recommence à connaître une surchauffe, annonciatrice de ces folies meurtrières, dont les Togolais et les Africains, du reste, voudraient bien se passer. Quand est-ce que le Togo vaincra le signe indien des élections sans violence? Certes, on n’en n’est pas encore là et on ne le souhaite même pas pour ce pays qui commençait à renaître de plus de trois décennies de règne implacable de Feu le Général Gnassingbé Eyadema. Le Togo a, en effet, commencé à emprunter les sentiers difficiles du processus démocratique, en témoignent les dernières élections législatives qui ont connu la participation de tous les partis d’opposition, notamment de l’Union des forces du changement (UFC) de Gilchrist Olympio, la légendaire bête noire des Gnassingbé, de père en fils. Tout n’est point perdu pour les Togolais, le mode de scrutin n’étant point le seul moyen pour en arriver à des élections libres et transparentes, acceptées de tous et donc n’étant caution à d’autres contestations que celles classiques qui ne sauraient être des occasions pour mettre le Togo à feu et à sang. C’est le défi que doivent relever à présent les Togolais, notamment le pouvoir de Faure Gnassingbé qui doit chercher à blanchir ses habits démocratiques, encore quelque peu noirs des taches de la présidentielle d’avril 2005.

 

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