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Qui pourra arrêter Tandja?

«Continuer sans s’arrêter.» Ainsi en a décidé l’homme du «Tazartché», qui est en train de lier, pour la vie, son destin à celui du Niger. Il a été très subtil au départ, avec des phrases du genre «à moins que le peuple me demande de rester», qui accompagnaient toujours ses promesses de partir à l’issue de son dernier mandat constitutionnel. Mais on le voyait tout de même venir, à l’image de la multitude de ces dirigeants africains pour qui «partir, c’est mourir un peu».


Alors, envers et contre tous, Mamadou Tandja a continué, sans s’arrêter le 22 décembre 2009, date à laquelle son mandat légal prenait fin. Les menaces, mises à exécution où non, n’y feront rien. Après le référendum qu’il a organisé le 4 août dernier pour s’octroyer trois ans de rallonge au pouvoir et s’ouvrir la voie royale d’un règne sans fin, Tandja a tenu, malgré l’opposition de… l’opposition nigérienne et les pressions internationales de toutes sortes, des élections législatives, le 20 octobre dernier, pour meubler son hémicycle. Comme il tient à aller jusqu’au bout de sa logique anti-démocratique, et alors que l’opposition et la communauté internationale en espéraient le report, afin de faire tomber quelque peu la tension qui bloque toute avancée du dialogue politique nigérien, Mamadou Tandja vient de tenir le rendez-vous des élections locales, ce dimanche 27 décembre.

Bien entendu, le scrutin a été boycotté par l’opposition et la communauté internationale a affiché sa ferme décision de ne pas reconnaître les résultats de ces scrutins. Mais Tandja n’a cure des protestations, bien souvent timides et surtout hypocrites de cette fameuse communauté internationale qui défend, dans le même temps, les intérêts économiques et géostratégiques de puissances qui la composent. Le seul dindon de la farce, c’est bien le peuple qui, du reste, servira aussi d’agneau de sacrifice sur l’autel des suspensions d’aide des partenaires du Niger, tels que les Etats-Unis.

En plus de son uranium, désormais dans le portefeuille du groupe français Areva, le Niger est bientôt producteur de pétrole, et tout cela attise indubitablement des convoitises inavouées. Tandja n’a réellement pas de raison de s’inquiéter de la communauté internationale, qui sait si bien souffler le chaud et le froid, surtout quand il s’agit des affaires concernant les chefs d’Etats qui savent protéger ses intérêts.

Quid de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)? Elle est loin d’effrayer le renard d’Agadez. En dehors du Nigérian Umaru Yar’Adua, président en exercice de cette Communauté, qui n’a pas fini de se débattre des griffes de la maladie, rares sont les chefs d’Etat de cet espace politico-économique qui pourraient jeter la pierre à Tandja. Certains d’entre eux, s’ils ne l’ont pas encore fait, sont prêts à taillader leur Constitution, afin d’occuper le fauteuil présidentiel, jusqu’à ce que mort s’ensuive, avec la bénédiction de… la communauté internationale. Voilà un peuple nigérien qui se retrouve bien seul face à son destin.

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