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Noël sinistré pour les Burkinabè

Demain c’est Noël et malgré la crise économique sévère, le petit Jésus naîtra dans sa petite crèche de Bethléem, au milieu des bergers et des agneaux. Pour commémorer cette naissance du Christ, comme chaque année, les enfants burkinabè, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou animistes, ont déjà dressé les listes des cadeaux qu’ils aimeraient recevoir de Papa Noël. Dans nombre de familles, la désillusion sera à la taille des espérances enfantines gargantuesques car les sapins risquent d’être tristement dégarnis.

 

Papa Noël, quand il descendra du ciel, rencontrera beaucoup de maisons détruites par les eaux dévastatrices du 1er septembre 2009 qui ont provoqué, selon les chiffres officiels, plus de 150 000 victimes. Si sa carte de repérage n’a pas été mise à jour et que le ministère de l’Action social et de la solidarité nationale ne lui fournit pas un bon GPS (Global positioning system ou système de localisation mondial), le légendaire barbu de tout rouge vêtu, trouvera difficilement son chemin entre les tentes qui servent d’abris provisoires aux sinistrés qui ont tout perdu dans ces inondations inédites au Burkina, pour la nouvelle génération de Papas Noël.

A Bassinko et Yagma, deux villages jouxtant Ouagadougou où l’Etat leur a refilé à chacun, une parcelle, un peu de matériaux de construction et 50 000 francs CFA, les sinistrés qui étaient propriétaires de cours n’ont pas encore eu le temps de construire, a fortiori ériger un sapin. Certes, les enfants construisent avec entrain et fierté des crèches devant les cours qui ont résisté à la folie meurtrière des eaux du 1er septembre 2009, mais les parents eux se demandent toujours comment résoudre l’équation de faire bouillir les marmites, demain 25 décembre.

La dinde de Noël ne sera sans doute à la fête qu’à Ouaga 2000,  le quartier très huppé de la capitale où élit, de nos jours, domicile, tout riche qui se respecte. C’est certain, Papa Noël, même les yeux fermés, se dirigera vers ces résidences où tout scintille, même les poubelles et où la cheminée à elle seule pourrait héberger tout une famille de sinistrés. Oui, c’est certain, pour de nombreux Burkinabè, Noël sera «sinistré», en témoigne déjà le peu d’affluence dans les boutiques de vente de jouets et dans les marchés de volailles. Heureusement que Noël n’est pas qu’agapes mais aussi un acte de foi, et sinistré ou pas, les fidèles catholiques pourront se réfugier dans les églises pour se nourrir en abondance, de la parole de Dieu, sans débourser un rond. Mais là encore, il faudra braver le froid de l’harmattan, pour ceux qui n’ont qu’une «Deux-roues» comme moyen de locomotion. Joyeux Noël, dans l’amour de Dieu et du prochain.

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