Alors que l’autel et le couteau étaient déjà prêts à recevoir son sang, l’agneau de sacrifice s’est retourné contre celui qui, selon lui, était sur le point d’être son bourreau. Ainsi se caricature la situation en guinée, sur fond d’accusations et de réfutations, par médias interposés. Si «Toumba», le Ben Laden guinéen court toujours, insaisissable pour la junte, tout comme l’anguille de Al-Qaida qui glisse incessamment entre les puissantes griffes acérées de l’aigle américain, ce n’est certainement pas parce qu’il est introuvable.
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Car, Rfi l’a bien trouvé quelque part et, de source proche de l’opposition, a pris le soin de faire des recoupements et de chercher à authentifier la voix de l’ex aide de camp de Dadis, avant de publier sur les ondes, ces déclarations qui enfoncent le chef de la junte guinéenne. De son lit d’hôpital militaire de Rabat où certains affirment qu’il peine même à retrouver l’usage de la parole, se limitant, il y a quelques jours à balbutier quelques mots, le capitaine putschiste sera-t-il en mesure d’apporter la réplique à celui qui aura été son homme de confiance, jusqu’à la fatidique date du 3 décembre 2009, où il a retourné son arme contre lui? Pour l’instant, ce sont les membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et de la junte militaire qui jouent difficilement aux avocats défenseurs de Dadis. En attendant, Aboubakar Sidiki Diakité dit Toumba est dans le beau rôle, le «Zorro» grâce à qui des opposants ont affirmé avoir eu la vie sauve dans les massacres et viols du 28 septembre.
Cependant, cela suffit-il à procurer une virginité à l’ex aide de camp? Si, comme il l’a dit, la tuerie et les viols publics du 28 septembre ont été «planifiés» par le capitaine Moussa Dadis Camara, il n’en demeure pas moins que la basse besogne a bel et bien été exécutée, canons pointés et braguette ouverte, par des hommes dont la plupart étaient sous le commandement du lieutenant «Toumba». Du reste, les rapports des enquêtes sur le 28 septembre commencent à tomber. Dans ce cadre, plusieurs mouvements de défense des droits de l’homme exigent que ces nombreux cas de viols soient considérés comme des crimes contre l’humanité. Et pour cela, ils demandent que les militaires impliqués, notamment des responsables comme Dadis Camara et le lieutenant Toumba répondent de leurs actes devant la justice guinéenne ou face à une cour internationale. La tempête est visiblement loin de s’être calmée au camp Alpha Yaya Diallo où le général Sékouba Konaté, ministre de la défense, assurant l’intérim du chef de la junte, essaie, tant bien que mal de recoller les morceaux de la division et de l’indiscipline.
Du reste, comme si elle craignait d’autres débordements, la junte, à quelques jours de l’anniversaire de ce coup d’Etat et quelque deux semaines après la tentative d’assassinat sur leur chef, la junte au pouvoir en Guinée a interdit toute manifestation, jusqu’à nouvel ordre. Est-ce pour prévenir un autre 28 septembre? A moins que ce soit un moyen pour les chefs militaires de concentrer l’attention sur les troupes et éviter un autre 3 décembre qui a conféré une célébrité internationale au lieutenant «Toumba». L’autre grande question: les forces vives qui ont déjà bravé la junte, le fameux 28 septembre dernier, se plieront-elles cette fois-ci aux injonctions des militaires? Comme un cratère au repos, le Fouta pourrait entrer en activité, si les Guinéens, notamment les militaires, ne se décident pas à mettre balle à terre, en commençant par fermer pour de bon la parenthèse Dadis, qui s’est accidentellement ouverte il y aura bientôt un an, c’est-à -dire un certain 23 décembre 2008.
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