Comme à l’accoutumée, les Burkinabè et les téléspectateurs africains et d’ailleurs dans le monde grâce à la magie de la télévision, vivront, au mois d’avril 2010, les Kundé, l’évènement phare de l’année qui récompense, entre autres, la crème des artistes musiciens du pays des Hommes intègres, du continent noir, etc. C’est ce même mois d’avril que les organisateurs des Kora, cadre également de distinctions des meilleurs artistes musiciens, ont choisi pour tenir cette manifestation, pour la première fois au Burkina. Ce sont donc deux grandes dates qui vont pratiquement s’entrechoquer, pour le plus gros embarras du public.
Depuis 9 ans sans discontinuer, le commissariat général des Kundé, le plateau qui réunit les artistes nationaux et internationaux qui ont marqué de leurs œuvres le paysage discographique, a toujours tenu son rendez-vous annuel avec les artistes et les mélomanes. La constance et la crédibilité de cet évènement culturel parrainé par Chantal Compaoré, l’épouse du président du Faso, ont fini par l’incruster comme l’évènement à ne pas manquer en avril, le mois fétiche des Kundé. Du reste, pour célébrer les 10 ans des Kundé, cette initiative culturelle nationale, c’est une «édition-plus» que concoctent ses organisateurs pour avril 2010.
Qu’a donc de si particulier, le mois d’avril pour attirer autant les hommes du showbiz? Question à un décibel, à laquelle pourrait répondre les concepteurs des Kora, dont la prochaine édition, de report en report, a finalement trouvé bonne date pour le 4…avril 2010. Quand on sait que ce sont les mêmes sponsors et le même public qui sont intéressés par ces évènements, il est certainement à craindre que l’un pâtisse de ce choc des dates, pour le plus grand mal de la culture dans son ensemble. De part l’envergure desdits évènements, tous deux des initiatives privées, le ministère burkinabè en charge de la Culture aurait bien pu jouer le bon arbitre, connaissant déjà la date à laquelle se tient régulièrement les Kundé, c’est-à -dire toujours dans la deuxième moitié du mois d’avril.
Les Kora, qui s’organisaient en Afrique du sud et n’ont pas pu se tenir comme prévu à Abuja au Nigeria, auraient bien pu relever la scène musicale burkinabè, le 20 décembre 2009, comme initialement arrêté, et chaque partie y gagnerait. Surtout les autorités burkinabè en charge de la Culture, qui auraient ainsi fait montre d’une excellente vision prospective. A moins que, par souci du parallélisme des formes, les mêmes traitements soient accordés aux deux évènements qui ont le souci de promotion de la culture, parent pauvre des politiques de développement dans notre pays. Nul doute qu’en dirigeants avisés, les responsables de notre culture y pensent déjà !
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