Présidentielle ivoirienne: mais quand au juste?
- Post 11 novembre 2009
Ils ont encore eu raison, tous ceux qui affirmaient que l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, ce n’est pas demain la veille. Ils auront peut-être toujours raison de croire que les dirigeants du pays de Feu Houphouët Boigny se complaisent dans la situation actuelle, ne se pressant pas du tout pour soumettre leur pouvoir au verdict des urnes.
Certes, il ne faut pas s’accrocher au fétichisme des dates, mais cela fait très peu sérieux de ne jamais tenir celles qu’on fixe soit même, suite à des réunions et concertations au frais des contribuables. Le 29 novembre connaîtra donc finalement le même sort que toutes les autres dates qui avaient été retenues et jamais…tenues. «On va dépasser légèrement la date du 29 novembre», a reconnu Robert Beugré Mambé, le président de la Commission électorale indépendante. Comme pour se dédouaner du probable prochain report, l’homme a simplement évité de se prononcer sur une autre échéance. Il le fera peut-être après la prochaine réunion du cadre permanent de concertation qui devrait se tenir entre le 15 et le 20 novembre 2009. Une chose est certaine, l’élection présidentielle ne pourrait se tenir qu’en 2010, lorsque Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Allassane Dramane Ouattara, les trois éléphants engagés dans la course et leurs lieutenants auront fini de se quereller sur la liste électorale provisoire. Et si cette liste a enfin la chance de devenir définitive, il faudra encore s’entendre sur la confection et la distribution des cartes électorales. Ce sera une autre paire de manches, sans occulter le fait que bien des difficultés subsistent encore sur les grades dans l’armée, le désarmement total des ex-rebelles et des miliciens du pouvoir, etc. Le suspense entretenu sur le report de la présidentielle est donc levé, mais il fait place au flou artistique qui entourera désormais la nouvelle date. Il importe donc que dans un sursaut d’orgueil, les gouvernants ivoiriens enterrent leurs intérêts égoïstes et très personnels pour ne penser qu’à l’intérêt national. Et cela passe par la légitimation du pouvoir en place, par des élections libres et transparentes.
