Il aura fallu près de dix longues années pour qu’enfin l’Amérique, frappée au cœur par les attentats du 11 septembre 2001, respire enfin de la liberté consécutive à la mort d’Oussama Ben Laden, leur commanditaire supposé et déclaré. La traque impitoyable lancée contre l’instigateur des attentats les plus farouches et les plus incroyables de l’histoire aura ainsi duré de longues années. Et Barack Obama peut inscrire dans la colonne «Actif» de son bilan à la tête de l’Exécutif américain, que c’est sous son mandat que l’ennemi N°1 des Etats-Unis d’Amérique a été mis hors d’état de nuire…
En septembre prochain, on se remémorera encore. On verra à nouveau défiler, sous nos yeux incrédules, le film bien réel des tours jumelles du Word Trace Centre partir en fumée et s’effondrer comme un château de cartes après que des avions terroristes les aient sciemment et violemment percutées, avec plein de passagers à bord. Une signature éternelle, griffée Al-Qaeda, qui ne s’effacera malheureusement jamais, tant l’outrecuidance de l’acte, barbare et sauvage, le dispute à la frayeur perpétuellement gravée dans les mémoires. Le 11 septembre 2011, cela fera dix ans déjà que ces images horribles, insoutenables, atroces, ont ébahi et ému le monde. Dix ans que la peur, la psychose même reste permanente, et parfois insoutenable…
Seulement, cette année, les cierges de la commémoration auront, semble-t-il, une lueur toute différente. Aux pleurs des mamans et des enfants qui ne se consolent pas de ne plus voir leurs proches disparus aussi brusquement au détour d’un acte aussi ravageur, répondra désormais une flamme plus brillante d’espoir. Et même si l’on reste attentif aux différents baromètres du terrorisme dans le monde, il n’en demeure pas moins que le sentiment dominant après l’annonce, dimanche dans la soirée, par Barack Obama, de la mort du chef d’Al-Qaeda, reste le soulagement…
Certes, on aurait aimé que l’on capturât plutôt Ben Laden et que l’on le jugeât pour les actes ignobles qui lui sont imputés! Hélas, sa mort ne ramènera pas les milliers de personnes dont son organisation a sauvagement abrégé la vie, parmi nous. Et l’on imagine mal qu’un procès débouche sur toute autre sentence que la peine de mort pour un homme qui aura énormément fait parler de lui et endeuillé nombre de familles pendant toutes ces années. Mais le souvenir d’un Saddam Hussein se défendant des crimes –vrais et faux- qui l’ont finalement envoyé à la potence, avait entretenu certains dans l’idée que s’il était pris, Ben Laden aurait peut-être fort à dire avant de quitter ce monde qu’il a contribué à désordonner.
Pour autant, et c’est perceptible pour tous, si l’on se plaint à peine de la disparition du chef, on n’oublie pas que Al-Qaeda, et sa branche sahélienne, Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) restent très actifs et n’ont pas dit leur dernier mot. La mort du chef peut même être un motif de recrudescence d’actes terroristes, aussi bien en Occident que sur le continent africain, où de nombreuses personnes innocentes (journalistes, humanitaires et autres), sont encore détenues en otage.
A tout le moins, il y a donc lieu de renforcer la vigilance à tous les niveaux pour empêcher un tant soit peu une entrée en scène fracassante de cellules dormantes du terrorisme mondial, ulcéré par la mort, sous les balles de «l’ennemi» de leur chef charismatique…
| Commentaires |
|
|
||||||||


