Le week-end promet d’être chargé pour les chefs d’Etat des pays d’Afrique. Du moins pour ceux d’entre eux qui, après le 12e sommet ordinaire de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD), qui se tient à Ndjamena, au Tchad, les 23 et 24 juillet 2010, se retrouveront à nouveau en conclave à Kampala. La capitale ougandaise abrite, en effet, du 25 au 27 juillet 2010, la 15e session ordinaire du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine.
Un sommet sous haute surveillance, de sanglants attentats commis par les shebab somaliens ayant ébranlé Kampala il y a quelques jours. Programmé de longue date, le sommet s’y tiendra donc malgré la situation sécuritaire délicate, comme pour bien souligner la détermination des chefs d’Etat à «combattre les milices islamistes, qui ont revendiqué le double attentat du 11 juillet (76 morts), perpétré en représailles à l’implication militaire ougandaise en Somalie». De même, indique-t-on, l’Union africaine saisira l’opportunité de la tenue de ce sommet pour se prononcer en faveur d’un «engagement militaire accru contre les insurgés shebab en Somalie».
La réunion ordinaire de l’institution panafricaine prend ainsi une tournure plus symbolique, solennelle même, avec un agenda qui risque, à tout le moins, d’être bousculé. Placé sous le thème «Santé maternelle, néonatale et infantile et développement en Afrique», le sommet de Kampala pourrait finalement se pencher davantage sur les graves et récurrentes questions sécuritaires qui se posent à cette partie de l’Afrique, avec des miliciens shebab toujours plus actifs. En tous les cas, l’occasion est trop belle pour l’hôte du sommet, pour qu’il ne s’en saisisse pas pour stigmatiser ces attentats et obtenir, au final, l’envoi souhaité de 2 000 soldats supplémentaires pour renforcer les 6 000 hommes déjà déployés au sein de la force de maintien de la paix de l’UA (Amisom) à Mogadiscio.
Alors, la santé maternelle, néonatale et infantile et ses conséquences sur le développement en Afrique? Il faut espérer que les têtes couronnées regardent cette question-là aussi au plus près, et travaillent sérieusement à développer des politiques susceptibles d’améliorer notablement la situation sur le continent. Dans bon nombre de nos pays, en effet, les politiques sanitaires restent minimalistes, quand elles ne sont pas inexistantes. De plus, l’accès aux soins, notamment pour les couches les plus défavorisées de la population, demeure une équation permanente. Certes, des efforts sont accomplis dans le domaine de la santé, mais on est toujours loin du compte, plusieurs décennies après Alma-Ata, qui a posé si justement le postulat des soins de santé primaires comme le… «plus petit commun multiple» pour nos Etats. Qui se souvient encore aujourd’hui du fameux slogan «Santé pour tous en l’an 2000», qui mobilisa tant d’énergie, de ressources de toutes sortes et de discours?
Une fois de plus, malheureusement, les turbulences politiques sur le continent sont en passe de laisser cette préoccupation vitale, thème du sommet de Kampala, sur le carreau…
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