Ainsi que l’a prescrit l’Assemblée générale des Nations unies, on célèbrera désormais, le 18 juillet de chaque année, la «Journée internationale de Nelson Mandela» -«Mandela day»- en mémoire à la date de naissance -18 juillet 1918- de l’ancien célèbre bagnard de Robben Island. Déjà , le 11 février dernier, on a sonné les cloches des 20 ans de liberté de Madiba! Et aujourd’hui, alors qu’il souffle sa 92e bougie, cet homme, chanté et loué d’un point à l’autre du planisphère, cultive toujours cette sorte d’humilité, cette grande dignité qui a perlé son combat.
Je l’avais déjà écrit ici même, de Mandela, de son histoire, de sa formidable et tenace lutte pour l’égalité des peuples, de sa gouvernance apaisée… les griots chanteront les louanges jusqu’à la fin des temps. Et, si le 11 février 2010 a attisé, de façon impériale, le souffle vivifiant de la flamme éternelle d’un homme extraordinairement sage, qui a écrit une bonne partie de l’histoire contemporaine, ce 18 juillet écrit déjà , à sa place, les pages de demain, l’éloquent témoignage d’une histoire exceptionnelle, pour les générations futures. Homme du siècle dernier, Nelson Mandela marque encore, incontestablement, ce 21e siècle de sa personnalité, restant, pour la postérité, une référence pour la jeunesse, et un inégalable sujet de fierté pour les Africains. Et, même au-delà des océans qui encerclent le continent noir, «Madiba» fait désormais partie de l’histoire, parce qu’il a fait l’histoire et que l’on ne saurait parler, nulle part, de démocratie, de liberté des peuples, de droits humains, et même de développement, sans regarder, dans le rétroviseur du passé, l’époustouflant héritage qu’il a légué à l’humanité.
Mais que l’on ne s’y trompe pas. «Mandela n'est ni un dieu, ni un saint. C'est simplement un homme qui s'est comporté un peu plus sagement, un peu plus fermement, un peu mieux que nous tous». C’est du moins ce qu’a dit de lui, Baso Sangqu, ambassadeur d'Afrique du sud à l'ONU, comme pour inciter chacun à adopter cette posture d’humilité et de sagesse pour fouetter la gouvernance politique dans le bon sens. En proclamant haut et fort hier, alors même qu’il aurait pu un terme à son supplice solitaire et intérieur, qu’«Ãªtre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres», Nelson Mandela a su montrer au monde, aujourd’hui encore, qu’il est resté égal à lui-même, lui qui a toujours réussi à se mettre au-dessus des intrigues politiques.
Il y aurait tant à dire sur l’homme, sur sa vie, son combat… l’espoir qu’il continue de susciter, partout. Et, quelles que soient les erreurs qu’en tant qu’humain il aurait commises sur le parcours, il restera, pour la postérité, l’exemple achevé, l’incarnation d’uncertain idéal politique et d’une vision salvatrice de la dignité
humaine. Quel bel hommage que ce «Mandela day»! La communauté internationale montre par là , sans aucun doute, la mesure de la grandeur de cet homme inclassable, en sacrifiant désormais au devoir de mémoire et de reconnaissance qui, j’en suis convaincu, lui survivra à jamais…