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Le «Mondial africain» sur la rampe du succès

Jo’burg s’enflammera, dès ce vendredi, de la passion foot! Johannesburg, dans la cuvette du Soccer City Stadium, et un peu partout dans la ville, mais également dans toute l’Afrique du Sud, qui s’enorgueillit d’abriter la toute première édition de la phase finale de la Coupe du monde de football en terre africaine. Un rêve, caressé depuis longtemps par tout un continent, et qui se réalise soudain. Ce 11 juin 2010, le monde entier guettera le premier coup de sifflet qui donnera, dans le rond central du tapis vert de ce beau stade, le coup d’envoi de la conquête du trophée le plus prestigieux du monde.


Il aura fallu beaucoup de travail pour y arriver, tellement les sceptiques, et même des torpilleurs de tout acabit ont montré tout leur zèle dans leur vilain travail de sape. Estampillé pays de la haute criminalité, de la violence gratuite et de tous les vices qui ne fleurissent, pour eux, que sur la terre noire d’Afrique, certains esprits malins –mais décidément pas si malins que ça!- ont souvent forcé sur la caricature jusqu’à parier sur un échec sud-africain. C’était sans compter avec la volonté et la détermination d’une nation réveillée, décidée à tenir le pari de l’organisation de la plus grande fête du football mondial.
«L'enthousiasme, la joie et l'excitation qui se sont emparés de toute la Nation au cours des dernières semaines n'avaient pas atteint un tel niveau depuis la libération de Nelson Mandela», en 1990, constate d’ailleurs, émerveillé, le président hôte de la compétition, Jacob Zuma, qui remettra le trophée au vainqueur de l’épreuve, le 11 juillet prochain. Pour lui, en effet, «les longues heures d'un dur travail ont fini par payer».
Que ceux qui en doutent encore, ouvrent leurs yeux et regardent: «L'Afrique du Sud est plus que prête!» Et ce n’est pas seulement le chef de l’Etat sud-africain qui salue les efforts de ses compatriotes et des autres, dans l’accomplissement de cette belle aventure, qui va bientôt se poursuivre sur les stades. Joseph Sepp Blatter, le patron de la Fédération internationale de football association (Fifa), n’a que des éloges pour l’Afrique du Sud, qui aura dépensé «près de quatre milliards d'euros pour construire cinq stades, rénover cinq autres, moderniser ses infrastructures de transport…» Du reste, au-delà de la patrie de Nelson Mandela, c’est toute l’Afrique, estime à juste titre Sepp Blatter, qui peut être fière d’accueillir enfin sur son sol, le gotha du football mondial. «Ce continent qui a été tenu à l'écart, qui est toujours tenu à l'écart, ne peut désormais plus être tenu à l'écart», a martelé, la main sur le cÅ“ur, l’un des principaux artisans de ce «Mondial africain».

Cette Coupe du monde en Afrique, Sepp Blatter en a fait «sa» chose. Balayant du revers de la main tous les préjugés et tous les clichés qu’on n’a pas manqué de lui opposer. Aujourd’hui encore, le président de la Fifa fustige… «les oiseaux de mauvais augure qui prédisent le pire pour ce Mondial sud-africain». Pour lui, depuis le début, «les médias européens cherchent la petite bête», se gaussant parfois de ce que eux, «les anciens colonialistes», savent mieux faire. Et d’ailleurs, «quelle idée d'organiser une Coupe du monde en Afrique», a-t-on souvent demandé à ce monsieur, qui est resté placide, et qui clame haut et fort aujourd’hui, tellement il en est convaincu, que «ce Mondial sera un très grand succès».
En attendant que le ballon rond rythme l’émotion et la passion de millions de fans accros de foot à travers le monde, un mois durant, en attendant de savoir, au soir du 11 juillet 2010, quelle nation succédera à l’Italie sur le toit du monde, l’Afrique du Sud s’inscrit déjà résolument dans l’histoire de l’Afrique, cette Afrique riche et plurielle, dont plusieurs nations soufflent tout doucement les bougies de leurs cinquantenaire d’affranchissement de la tutelle coloniale. C’est encore cette Afrique-là, l’aurait-on oublié, qui donne à notre planète, ses plus grands joueurs, dans un lien ininterrompu de partage et de mondialisation footballistique irréversible.

 

 


 

 

 

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