La capitale malgache, Antananarivo, a été le théâtre, ce jeudi 20 mai, d’une fusillade entre «mutins du corps d'élite de la gendarmerie et forces de sécurité loyales au régime en place». Une canonnade qui a fait monter la tension qui sévit dans le pays depuis quelque temps, alors que tables rondes, pourparlers et accords n’ont toujours pas réussi à ramener la paix dans la Grande Ile.
Si, à première vue, les motivations de cette mutinerie, ne sont pas politiques, on ne saurait écarter complètement l’hypothèse d’un malaise profond entre corps d’armes, qui pourrait dégénérer à l’avenir. Le fait même que les armes aient parlé pour cette… séance d’explication entre forces de sécurité, est un signe inquiétant, qui traduit, peut-être, une certaine excitation des corps habillés, face à la déliquescence de la situation sociopolitique du Madagascar.
On explique, en effet, que ces échanges de tirs -qui se sont soldés par un gendarme tué et cinq blessés par balle- sont la conséquence d’une revendication des éléments de la Force d'intervention de la gendarmerie nationale (FIGN). Ces derniers avaient érigé, la veille au soir, des barrages filtrants à proximité de leur caserne et entendaient entrer en possession des 500 millions d'ariary, soit près de 190 000 euros, que le président évincé, Marc Ravalomanana a «publiquement reconnu avoir versé à la hiérarchie de la gendarmerie», alors qu’il était confronté au mouvement populaire de son rival, Andry Rajoelina, qui devait conduire à sa destitution. Un beau pactole qui n’aurait pas été redistribué depuis…
Mais, au-delà de cette revendication pécuniaire, les mutins semblent avoir également pris le parti de donner une coloration politique à leur mouvement, puisqu’ils entendaient assurer ce jeudi, à proximité de leur caserne, la protection d'un rassemblement du «Mouvement des ecclésiastiques», qui regroupe des pasteurs protestants favorables à Ravalomanana. On affirme même que nombre de civils devant prendre part à ce rassemblement, interdit par les pouvoirs publics, étaient réfugiés dans la caserne des FIGN.
S’achemine-t-on donc vers une prise de position politique des gendarmes, dans la crise qui perdure à Madagascar depuis fin 2008? Auquel cas, la mutinerie actuelle ne serait que le signe avant-coureur d’un mouvement plus dense, qui préfigurerait une solution militaire pour régler l’équation malgache…
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