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Mondial 2010: faire échec aux oiseaux de mauvais augure

Un mois! Dans un mois, jour pour jour, la planète foot reprendra ses droits et, par-delà les écrans de télévision, les clameurs des stades résonneront jusque dans nos chaumières. La phase finale de la Coupe du monde de football entrera en scène. Sur les pelouses, les stars du ballon rond, venues des quatre coins de la planète, redoubleront de dribbles, d’arrêts spectaculaires, d’actions d’éclat, qui pour faire trembler les filets adverses, qui pour empêcher la boule de cuir de franchir la ligne de but. Une fois encore, les hommes en noir, plus vraiment en noir depuis plusieurs années, feront entendre les mélodies stridentes de leurs sifflets, et feront parler les cartons jaunes et rouges pour bien montrer qu’ils sont les seuls maîtres du terrain.


On parle avec d’autant plus d’excitation de la 19e édition de la Coupe du monde de football -le «Mondial 2010»- que cette année, la compétition revêt un caractère tout particulier. C’est la première fois, en effet, que l’Afrique accueille ce rendez-vous, l’un des plus grands de la communauté sportive. Il aura fallu la volonté de quelques-uns, la détermination de certains autres, la foi et la conviction d’un grand nombre encore, pour que le continent noir arrache enfin le droit d’abriter la phase finale de la Coupe du monde de football. Et, même longtemps après le choix de l’Afrique du Sud pour accueillir les 32 nations qui se disputeront le titre, même à l’avant-veille du coup d’envoi de la compétition, il se trouve toujours des détracteurs pour parier que l’Afrique n’est pas capable de tenir un tel pari.

Pourtant, le temps, fidèle alliée, a démonté, un par un, les sentences d’échecs des sceptiques. Les stades, beaux et conformes aux normes internationales sont là, pour permettre aux artistes du cuir rond de s’exprimer avec aisance et talent. Des centres d’hébergement et autres logistiques d’accueil se dressent dans les villes retenues, et démentent le bon vouloir des oiseaux de mauvais augure. Les différents aspects de l’organisation d’une telle compétition, grandiose et captivante, parce que planétaire et forcément spectaculaire, ont été visités et revisités avec sérieux.

Sans doute même avec deux fois plus de sérieux, simplement en raison de travers faussement congénitaux que l’on attribue à l’Afrique, taxé à l’envi de continent des douleurs, où règnent l’à peu près, le laxisme et le désordre. Et l’on n’arrête pas, souvent, de monter en épingle le moindre incident qui secoue l’Afrique du Sud pour s’auto-satisfaire sur le fait que l’insécurité rythme le quotidien de nos pays, et de l’Afrique du Sud, en particulier. Vraiment plus qu’ailleurs? Le laxisme, le désordre, l’insécurité sont-ils décidément des tares typiquement africaines, une sorte d’incurable fatalité qui traîne au pied de chaque Africain comme un boulet indéboulonnable?

Mais non! Le «Mondial 2010» sera l’un des plus beaux rendez-vous de l’histoire de cette compétition. Certes, aucune Å“uvre humaine n’est parfaite, mais la preuve est là, vivante, palpable, que l’Afrique, qui a du génie, tient à réussir «sa» Coupe du monde. A la fois sur le plan de l’organisation, de la sécurité et de la prestation sportive. Alors que ça bouillonne dans les états-majors sportifs pour trouver la bonne combinaison de jeu, celle qui déstabilisera les adversaires et permettra à chaque équipe d’aller le plus loin possible dans la compétition, comment ne pas avoir une pensée pour les représentants du continent –Afrique du Sud, Algérie, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria- afin qu’ils hissent haut les drapeaux de nos pays?

Non, je ne me hasarderai pas à faire le moindre pronostic ici. Je ne parierai pas non plus qu’une équipe africaine succédera à la «Squadra Azura» d’Italie dans le fauteuil de champion du monde de football. Mais je reste convaincu que l’Afrique a des choses formidables à montrer au cours de cette compétition. Et, surtout, que les Africains, tous les Africains, sauront démontrer au monde qu’entre les clichés dont on affuble volontiers notre continent et la photographie réelle, il y a… tout un monde!    

 

       

 

 

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