C’est le cas de le dire, la Grande Ile est malade! Malade de ses hommes qui ne réussissent pas à fumer le calumet de la paix et à trouver la bonne note pour se sortir d’une impasse sociopolitique qui dure et perdure depuis une année. Malade des remèdes de la communauté internationale, dont une foultitude d’organismes et d’instances se sont penchés à son chevet, ont parfois posé le bon diagnostic, ont même prescrit une médication acceptable, malheureusement vite jetée aux poubelles par le patient lui-même.
Et voilà Madagascar le dos au mur, n’ayant désormais plus que l’élégance du renoncement. Andry Rajoelina, autoproclamé homme fort avec le coup de pouce de l’Armée, a beau jeu, aujourd’hui, de consulter à tout-va pour trouver une issue à la cristallisation des positions, le fait est là , têtu, qu’il n’aura aucun salut, ni pour lui, ni pour Madagascar, sans une franche reculade. Car, en vérité, celui que l’on a surnommé, là -bas, «TGV» -qui évoque le Train à grande vitesse- est purement et simplement en perte de vitesse aujourd’hui. Politiquement et stratégiquement.
Au point que «le Mouvement des ecclésiastiques» réclame sa démission. Ni plus, ni moins. «Cela suffit! Ni ce pouvoir, ni ceux qui sont à sa tête n’ont eu la bénédiction du Seigneur» a notamment déclaré le pasteur Roger Randriamisata, l’un des initiateurs de ce mouvement, samedi dernier à Antsonjombe. Aussi, tout en appelant à la démission du leader malgache, le pasteur a exhorté les milieux professionnels, notamment les magistrats, les avocats, les enseignants-chercheurs à ne pas collaborer avec le gouvernement actuel. Car, pour lui, «le respect de la Vérité est la seule issue à cette difficile crise politique et la voie du retour à la paix sociale».
Même si d’aucuns voient dans cet appel, une volte-face de ce mouvement qui a organisé, en avril dernier, un rendez-vous pour la «réconciliation», sans doute ultime tentative pour tenter de colmater les brèches, il n’en demeure pas moins que le président de la Haute autorité de transition (HAT) essuie là un nouveau cinglant revers, après avoir échoué à obtenir «un soutien clair de l'armée pour gérer la transition». Son plan de sortie de crise, qui accordait plusieurs postes aux forces armées au sein d'un futur «gouvernement neutre» a ainsi lamentablement été snobé par ceux-là mêmes qui l’ont fait roi, laissant «TGV» sans autre solution que de se tourner vers les partis politiques.
Manifestement, on tourne en rond dans ce pays où plus personne ne peut plus préjuger de la tournure que pourraient prendre les événements dans les semaines et les mois à venir. De fait, trop de contradictions rendent finalement illisibles, et même invisibles les actions concrètes qui pourraient mettre la Grande Ile sur le chemin de la lumière, dans cet imbroglio politico-militaro-social, où tout le monde se fait juge et partie. Peut-être faudrait-il, pour une fois, laisser les Malgaches faire la paix entre eux, en puisant dans le grenier de leur génie propre où, j’en suis convaincu, l’inspiration et l’aspiration à la paix existe bel et bien…
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