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Sarkozy au Rwanda: trois heures pour un rapprochement stratégique

On le dirait à moins, c’est une bien historique visite que vient d’entreprendre le président français, Nicolas Sarkozy, au Rwanda. Oh, juste quelque trois heures de présence à Kigali, la capitale du «pays des mille collines», mais combien auront-elles été, malgré tout, significatives! Pour dégager toute la portée historique, tout le symbolisme politique et diplomatique de cette halte de trois heures, il faut questionner l’histoire et se rendre compte qu’aucun chef d’Etat français ne s’était rendu dans ce petit pays de la région des Grands Lacs, qui abrite deux millions d’âmes, depuis… 1994 où, le génocide de triste mémoire fit environ 800 000 morts.

 

Cela fait donc seize ans que le courant ne passe plus bien entre la France et le Rwanda, dont les relations se sont tendues au fil du temps. L’os de la discorde? Le génocide, pour lequel le Rwanda de Paul Kagamé accuse la France de complicité, en raison de son soutien au régime du président Juvénal Habyarimana, dont la mort, dans un attentat, aura donné le la de la levée des coupe-coupe. Evidemment, Paris a toujours fermement rejeté ces accusations, et les positions et positionnements se sont cristallisés au fil des années. Jusqu’à cette rupture des relations diplomatiques par Kigali, fin 2006, conséquence de l'émission, par le juge français Jean-Louis Bruguière, de «mandats d'arrêt contre neuf proches du président rwandais, soupçonnés par le magistrat d'avoir fomenté l'attentat qui a coûté la vie à Juvenal Habyarimana».

Le Rwanda avait donc pris ses distances vis-à-vis de l’Hexagone et il aura fallu trois ans de pourparlers diplomatiques pour rabibocher les deux capitales. En scellant, à travers cette brève visite, la réconciliation entre le Rwanda et la France, Nicolas Sarkozy semble décidé à tourner la page de ce passé houleux. Et, même s’il se refuse à formuler la moindre excuse, le chef de l’Etat français, qui a admis que son pays a commis des «erreurs», semble avoir donné à son homologue rwandais, un motif de satisfaction, permettant de balayer davantage les nuages qui s’étaient amoncelés au dessus des relations entre les deux pays. Mais, la nouvelle entente cordiale ne se fera-t-elle pas sur le dos du différend judiciaire qui étouffe les deux pays? Lancinante, la question reste toujours posée et l’avenir saura, en tout état de cause, édifier les uns et les autres à ce sujet.

De fait, le dégel entre les deux hommes d’Etat est également applaudi par les ONG présentes dans cette partie de l'Afrique, qui voient dans la visite de Nicolas Sarkozy au Rwanda, une aube porteuse d’espoir. Ainsi, pensent-elles, au-delà du fort symbolisme qu’elle dégage au plan diplomatique, cette visite constitue un sérieux adjuvant pour un renouveau politique et démocratique de la région des Grands lacs. Ce séjour pourrait initier, scandent en chœur Oxfam France, Human Rights Watch (HRW), CCFD-Terre solidaire et Secours catholique-Caritas France, «une rupture fondamentale avec l'engagement de la France en Afrique Centrale, mais aussi avec l'approche géopolitique qui a permis à la "crise des Grands Lacs" de perdurer depuis déjà seize ans».

Pour l’heure, et dans la perspective des élections rwandaises d’août prochain, il faut espérer que le «shake-hand» de ce jeudi 25 février entre Nicolas Sarkozy et Paul Kagame, serve de catalyseur à une nouvelle dynamique de coopération et de promotion démocratique. Même si, d’un côté comme de l’autre, chacun compte déjà ses intérêts dans ce rapprochement diplomatico-politique, que l’Elysée se fera forte de présenter comme une concrétisation manifeste de sa volonté de rupture d’avec la «Françafrique», le Rwanda étant membre, depuis un certain temps, du Commonwealth…

Commentaires
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Wilmont1000  - Le chemin de "Canossa" du citoyen-Président Sark   |2010-02-25 23:08:59
Le chemin de "Canossa" du citoyen-Présiden t Sarkozy

Pour quelqu'un qui
a soutenu l'action d e la France en 1994 en tant que porte parole du go uvernem
ent, pour quelqu'un qui a couvert le financ ements français des opérations occul
tes de cette d ernière favorisant les génocidaires, ce voyage a d u être ressent
i par le "citoyen-Président" Sarkozy comme le chemin de Canossa. Lui, s
urtout lui, être "obligé" d'aller s'incliner deva nt ces centaines de m
illiers de victimes, elles in nocentes ! Quelle ironie de la géopolitique !

La
France a perdu. Elle s'est inclinée !

Elle a pe rdu non seulement le bras de
fer judiciaire Brugui ère-Commission Mucyo / Mutzinsi.
Elle a aussi perd u tout
e son influence dans cette région d'Afrique. Le Rwanda est devenu anglophile, f
ait partie du C ommonwealth et les richesses, y compris du Kivu Co ngolais, part
ent à l'Est, chez les anglo-saxons !

C'est ce qu'a dû entériner le « citoyen-P
résident  » Sarkozy lors de ce voyage, en s'inclinant sur l es tombes de ses (bi
en les siennes !) victimes inn ocentes.

L'avenir nous dira, si au nom de la « r
e alpolitik », les responsables français de ce génoc ide seront, ou non, traduit
devant les tribunaux.

Ce voyage, est un succès pour tous ceux qui ont e u le
courage de se battre, comme le Président Kaga mé, de témoigner, notamment devant
les commissions Mucyo / Mutzinsi. Sera-t'il qu'une étape vers la vérité total
e ou participera-t'il à l'enterrement de cette dernière ?

Les mêmes sont appe
lés à con tinuer le combat pour la justice envers toutes ces âmes innocentes.

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