En attendant le 18 juillet 2010 pour célébrer, ainsi que l’a prescrit l’Assemblée générale des Nations unies, la «Journée internationale de Nelson Mandela», en mémoire à la date de naissance -18 juillet 1918- de l’ancien célèbre bagnard de Robben Island, quelle émotion de sonner, ce 11 février, les cloches des 20 ans de liberté de Madiba! Vingt ans déjà, que Nelson Mandela est sorti de son long internement de 27 ans, la tête haute, le poing levé, le bras tendu, pour inaugurer une nouvelle époque dans cette Afrique du Sud à plusieurs vitesses. Vingt ans déjà que le monde, ému jusqu’aux larmes, voit enfin cet homme, chanté et loué d’un point à l’autre du planisphère, dans ses habits d’homme libre et debout!
Vingt ans déjà, vingt ans seulement, mais ô combien riches, pleines, exemplaires! Car cet homme-là est resté égal à lui-même, mettant le «temps d’active» que la destinée lui a donné pour enseigner l’humilité, la dignité et la foi en demain. Traçant même, au fil des jours qui passent, les sillons d’un formidable espoir, d’un mode de vie, d’un certain état d’esprit que seuls savent conjuguer les grands esprits… Oui, de Mandela, de son histoire, de sa formidable et tenace lutte pour l’égalité des peuples, de sa gouvernance apaisée… les griots chanteront les louanges jusqu’à la fin des temps. Et, ce 11 février 2010 attise, de façon impériale, le souffle vivifiant de la flamme éternelle d’un homme extraordinairement sage, qui a écrit une bonne partie de l’histoire contemporaine.
Homme du siècle dernier, Nelson Mandela marque encore, incontestablement, ce 21e siècle de sa personnalité, restant, pour la postérité, une référence pour la jeunesse, et un inégalable sujet de fierté pour les Africains. Et, même au-delà des océans qui encerclent le continent noir, «Madiba», écrivais-je déjà en juillet 2009, fait désormais partie de l’histoire, parce qu’il a fait l’histoire et que l’on ne saurait parler, nulle part, de démocratie, de liberté des peuples, de droits humains, et même de développement, sans regarder, dans le rétroviseur du passé, l’époustouflant héritage qu’il a légué à l’humanité.
Et puis, comment oublier, en ces temps si controversés où les lois fondamentales de nos pays sont sans cesse charcutées par des chefs d’Etat qui ne savent plus respecter le serment qu’ils ont prêté, en s’engageant à céder leurs fauteuils au terme de leur mandat présidentiel, l’élégance avec laquelle Nelson Mandela a décidé, lui, de partir, au terme d’un seul mandat à la tête de l’Etat sud-africain, alors que rien, ni personne, ne l’empêchait de briguer un second mandat? Une grande leçon de courage et d’humilité, de réalisme politique aussi, sans doute, qu’on gagnerait, je le pense profondément, à méditer chaque jour sous nos cieux.
C’est une grâce, celle qui ne se donne par surcroît qu’aux justes! A plus de 90 ans, Nelson Mandela peut tranquillement souffler 20 bougies sur le gâteau de sa liberté retrouvée, après avoir moisi plus d’un quart de siècle en prison! A ceux qui le prendrait pour un surhomme, voire un Dieu, Baso Sangqu, ambassadeur d'Afrique du sud à l'ONU, enseigne fort justement à propos que «Mandela n'est ni un dieu, ni un saint. C'est simplement un homme qui s'est comporté un peu plus sagement, un peu plus fermement, un peu mieux que nous tous». Pourquoi ne pas méditer ces sages propos qui, à mon sens, devraient nous amener à être, tous, des «Mandela», dans nos actes et dans nos paroles? Il le mérite bien «Madiba», pour qui, «être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres»…
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