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Football: En attendant les «Ecureuils» nouveaux!

Pour sûr, on épiloguera encore longtemps sur la 27e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), dont la phase finale s’est conclue le 31 janvier dernier sur un troisième sacre consécutif des «Pharaons» d’Egypte. De l’arbitrage décrié aux incompréhensibles décisions du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), notamment au sujet du Togo et de ses «Eperviers», meurtris par une attaque de rebelle à Cabinda avant la compétition, en passant par de bien douloureuses décisions au niveau de certains pays, le champ est grand, des faits et gestes d’après-compétition, qui nourriront pendant des mois, voire des années, les chauds débats du foot africain.

 

Dernière en date, au moment où les entraîneurs font le bilan de leur CAN –et les frais des contre-performances de leurs équipes- la décision de la structure fédérale béninoise, qui vient de renvoyer dans les vestiaires de l’histoire, joueurs et encadrement technique, suite à l’élimination, dès le premier tour, des «Ecureuils» au rendez-vous de Angola’2010. Aussi surprenante qu’incompréhensible, la dissolution de l’équipe nationale du Bénin et le limogeage de son encadrement technique est actuellement au centre de tous les commentaires au pays du vaudou. Et je me demande bien si ce que le quotidien «Le Matinal» qualifie de «séisme dans le football béninois», produira vraiment la catharsis escomptée.

 

En y réfléchissant tout haut, et sans être un technicien du football, je me range volontiers à l’inquiétude du quotidien béninois «Le Matinal», qui trouve cette option «suicidaire». Car, en effet, repartir à zéro n’est pas, à mon sens, et au vu des résultats actuels du football béninois, la meilleure stratégie pour passer le cap du premier tour à la CAN’2012. Pourquoi n’a-t-on pas privilégié, en l’occurrence, un schéma plus raisonnable qui gère plus judicieusement les défis futurs, en alliant avec sagesse, à l’image des tresseurs de corde, les acquis de l’actuelle génération de joueurs, avec les talents en friche de nouvelles individualités à intégrer dans le groupe?

Sans doute qu’après trois participations à la fête continentale du football, les «Ecureuils» du Bénin n’ont pas encore réussi à sublimer leur potentiel en accédant, au moins une fois, à l’étape des quarts de finale. Mais c’est faire preuve de myopie que d’estimer que tout est négatif au point qu’il faille tout raser pour recréer une génération spontanée de nouveaux footballeurs, capables de décrocher la lune en deux touches de balle! Là-dessus, j’ai la faiblesse de comprendre le ressentiment du capitaine de cette équipe sacrifiée, pour qui «on a fait des progrès en six ans, de notre première CAN à notre troisième, et ce n'est pas le moment de remettre tout cela en cause et tout recommencer».

Oui, ce serait dommage de tout remettre en cause! Oui, il y a seulement une dizaine d’années, le drapeau du Bénin ne flottait même pas dans les stades de la CAN. Oui, les «Ecureuils» du Bénin, on l’a vu sur le terrain, ont souvent manqué, à la fois, d’expérience et de bagout, mais ont su montrer, je le pense, un potentiel qui demande à être mieux travaillé pour s’exprimer plus efficacement, et des phases de jeu séduisantes et décomplexées par moment. Je me refuse à parler de «débâcle» face aux résultats de cette équipe, qui avait, on le savait bien, fort à faire avec les si expérimentés Egyptiens et les non moins avisés Nigérians. Si fait que sur le strict plan du résultat –deux défaites, contre le Nigeria et l’Egypte, et un match nul, contre le Mozambique- il n’y a pas véritablement matière à blâmer cette équipe béninoise, qui n’a pas fait moins bien que la plupart des huit formations nationales à avoir rangé leurs valises à l’issue du premier tour.

Il reste, cependant, que dans les attendus de cette décision pour le moins radicale, on évoque le comportement de certains joueurs, indisciplinés à souhait, se prenant sans doute déjà pour des stars du ballon rond dont les désirs devraient être des ordres. «Le manque de respect des joueurs de l’équipe nationale vis-à-vis des responsables en charge du football au Bénin, les mauvais comportements et le manque de patriotisme des joueurs, le chantage qu’ils ont orchestré à la veille du départ de la délégation officielle pour l’Angola et la complicité ou le cautionnement des actes blâmables par l’encadrement technique, sont autant de motifs qui ont poussé le bureau exécutif de la FBF à prendre une telle décision», s’est ainsi justifié Bernard Hounnouvi, directeur exécutif de la Fédération béninoise de football.

On peut légitimement déplorer de telles attitudes et comprendre l’exaspération des responsables de la FBF, surtout qu’au bout, «le miracle n’a pas eu lieu». Mais on peut aussi rétorquer que ces problèmes d’indiscipline, parfois violemment accompagnés de réclamations intempestives et de… «chantage», notamment autour de la sempiternelle question des primes de matchs, sont récurrents dans le football de compétition. Il n’y a pas jusqu’aux «grandes équipes» qui n’ont pas connu leur syndrome de la tirelire! Toutefois, à présent que le vin est tiré, la FBF prend, a priori, un pari fou, celui de faire mieux avec les «Ecureuils» nouveaux, qui ont déjà, avant que de naître, l’obligation morale de se qualifier pour la 28e édition de la CAN et de passer le cap du premier tour, dans l’ordre, la discipline, la rigueur…

 

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