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Togo: Yamgnane, bête noire de l’élection présidentielle?

Quelle mouche a-t-elle donc piqué la Cour constitutionnelle du Togo? Alors qu’on s’achemine allègrement vers l’échéance du 28 février 2010, où doit se tenir la prochaine élection présidentielle, voilà que la haute juridiction togolaise s’en va chercher la petite bête et écrit un chapitre peu flatteur du processus électoral en cours. Kofi Yamgnane, ci-devant secrétaire d’Etat français à l’Intégration et ancien maire de Saint-Coulitz, en France, jusque-là bien calé dans les starting-blocks, est déclaré non partant. Son crime? Une histoire de non-conformité de sa date de naissance, sur ses papiers français, d’une part, et sur ses documents togolais, d’autre part.

 

Ainsi, en posant bien sa loupe rigoureuse sur les papiers de l’infortuné candidat, la Cour constitutionnelle a fini par trouver la faille! Alors que ses papiers français attestent que Kofi Yamgnane est né le 11 octobre 1945, les documents togolais du candidat affirment, eux, en revanche, qu’il a vu le jour le… 31 décembre 1945. Un impair qui permet à la Cour de trancher dans le vif et de siffler Yamgnane hors-jeu. «Cette situation est de nature à semer la confusion sur l’identité de la personne et par voie de conséquence à fragiliser la sécurité juridique et judiciaire inhérente à la magistrature suprême du pays», a argumenté, inébranlable, l’institution. Et badaboum!

La Cour constitutionnelle est certainement dans son bon droit de veiller à la régularité des actes de candidature à cette importante consultation électorale. Et le candidat Yamgnane aurait été mieux inspiré, s’il avait pris le soin de régulariser ce… détail, qui lui coûte aujourd’hui de rater, peut-être, un indicible rendez-vous avec son destin. Mais on peut difficilement ne pas voir le grain de sable qui tombe au bon moment, pour enrayer la mécanique d’un challenger potentiellement sérieux. On peut donc comprendre et admettre que, d’une certaine façon, et pour des raisons sans doute peu avouables, Kofi Yamgnane dérange. Au point qu’on l’écarte radicalement de la course au fauteuil présidentiel?

Même si le seul épisode de l’expulsion, il y a peu, du premier secrétaire de l’ambassade de France à Lomé, accusé «d’activités incompatibles avec son statut», n’explique pas tout, on est droit de se demander si ceux qui, nombreux, établissent un lien de cause à effet entre cette affaire et les accointances réelles ou supposées entre le diplomate français et le candidat Yamgnane, n’ont pas tapé dans le mille! Ce qui avaliserait la thèse selon laquelle le pouvoir togolais reproche à la France de soutenir la candidature de l’ancien secrétaire d’Etat de François Mitterrand. Quand on connaît le poids du soutien français dans nos campagnes électorales, on peut dire, à l’inverse, que si les choses étaient ainsi, Faure Gnassingbé a toutes les raisons de craindre que son «frère» du Nord lui souffle le fauteuil présidentiel.

Finalement, qu’il soit ou non sur la ligne de départ, Kofi Yamgnane aura réussi à cristalliser les attentions sur sa candidature. Serait-il donc que le promoteur de «Sursaut Togo» sème à ce point la panique dans le camp de ses adversaires politiques?

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