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… Et Sirleaf ouvre le feu électoral à Monrovia!

Qu’on se le dise, la seule femme chef d’Etat d’Afrique ne compte pas quitter les affaires de si tôt. Contrairement à ses promesses de campagne, elle sera à nouveau, en 2011, sur la ligne de départ de la prochaine élection présidentielle libérienne. Elle en a fait l’annonce lundi dernier, à la faveur de son discours annuel devant l’Assemblée nationale. «J'annonce aux milliers de supporters qui m'écoutent et à ceux de la diaspora que je serai candidate» en 2011, a notamment déclaré Ellen Johnson-Sirleaf, 71 ans, qui préside aux destinées du Libéria depuis janvier 2006, ouvrant du coup les hostilités quant à sa succession à la tête du pays.

Autant son accession à la présidence du Liberia a séduit le monde et a été applaudie comme le signe d’une certaine émancipation, voire même d’une affirmation certaine de la femme politique africaine, autant son désir de briguer à nouveau la magistrature suprême est un déni à l’éthique et à la parole donnée. Car, si cette annonce a commencé à froisser nombre de personnes ici et là, c’est plus parce qu’elle bafoue la promesse formulée par la première femme chef d’Etat en Afrique, au cours de sa campagne électorale, de n’assumer qu’un mandat. Comme si, finalement, la parole des politiques, hommes ou femmes, ne pèsent pas une once de crédibilité.

Ainsi, mal en a pris ceux qui ont cru en la sincérité de cette femme politique qui, dit-on, «ne fait pas ce qu’elle dit». D’autant que sur l’enclume de sa promesse, vieille de presque cinq ans, est venu s’écraser, lourdement, le marteau de la Commission «Vérité et Réconciliation», qui a recommandé son inéligibilité pour une période de 30 ans, en raison de son «implication présumée» dans le financement de la guerre civile qui a ravagé le Liberia entre 1989 et 2003! Toutefois, en mettant en avant les «nombreux succès» engrangés par la présidente, depuis son élection à la tête du pays, pour justifier la volte-face de Ellen Johnson-Sirleaf, ses défenseurs comptent défendre cette candidature qui fait déjà polémique.

Les raisons réelles de ce piétinement de la parole donnée sont certainement à aller chercher ailleurs que dans les réussites de Ellen Johnson-Sirleaf. Et je peux comprendre qu’après avoir incarné l’espoir et assumé les premiers rôles à la tête du Liberia, quitter le pouvoir avec l’épée de Damoclès de la Commission «Vérité et réconciliation» sur la tête ne soit pas des plus enchanteurs. «Partir, c’est mourir un peu», et la première magistrate libérienne ne fait rien de pire que tous ses pairs hommes, qui s’accrochent à leurs fauteuils à coups de bistouri sur les lois fondamentales de leurs pays.

C’est vrai, une déclaration de candidature n’équivaut pas ipso facto à une élection. Cependant, et c’est là ma déception, Ellen Johnson-Sirleaf gâche une formidable occasion de montrer au monde, mais aussi à ses sœurs qui se battent au quotidien pour le mieux-être de leurs populations, que l’on peut – et doit - tenir parole, même en politique. Que voulez-vous, tout le monde ne s’appelle pas Nelson Mandela! En l’occurrence, ne pas tenir sa promesse, c’est un peu trahir et travestir les règles. Heureusement, et toutes proportions gardées, l’Afrique a tout de même connu des hommes politiques qui ont mis un point d’honneur à respecter les règles.

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