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Les inondations donnent à manger aux «passeurs» du canal René Monory

Les inondations du 1er septembre 2009 n’ont pas fait que des malheureux. Elles font aussi le bonheur de certaines personnes qui en tirent profit. C’est le cas de ces jeunes qui proposent leur service aux passants du canal qui jouxte le plateau omnisport René Monory, dans l’arrondissement de Baskuy.

 

Les inondations ayant causé la destruction de plusieurs infrastructures routières, notamment des ponts, les habitants des zones touchées se sont retrouvés quelque peu coupés du reste de la ville. C’est le cas de nombre d’usagers du pont situé en face du plateau omnisport René Monory. Cette infrastructure endommagée par la pluie diluvienne du 1er septembre 2009, le seul moyen pour de nombreux Ouagavillois de regagner le centre ville en évitant un grand détour, est de passer par le canal qui longe le plateau omnisport sus cité. Ce qui n’est pas chose aisée. Les risques pour les motocyclistes de se casser le cou sont très grands. Et c’est pour prêter main forte à ceux qui veulent traverser ce canal, au péril de leur vie, que ce petit réseau «d’aide aux passants» est né. Une dizaine de jeunes ont fait de cette activité leur gagne-pain quotidien. Ils ont délaissé leurs anciennes occupations pour se consacrer à celle-ci, qui de leur avis, rapporte plus. Adama Ouédraogo enseignait dans une école coranique. Il est devenu «passeur». Avec ses camarades, il est permanemment à l’affût des passants. Dès le lever du jour, ils sont là. Ils accourent vers leurs «clients», la plupart du temps, des femmes qui ont des bagages ou montent des engins à deux roues. Ils proposent à ces dernières de  leur donner un coup de main. Certains sollicitent d’eux-mêmes l’aide des «passeurs», d’autres préfèrent se débrouiller tout seuls. «On n’oblige personne, si tu veux qu’on t’aide on le fait, si tu ne veux pas aussi on laisse», se défendent-ils, quand on les accusent de profiter des difficultés des autres. Souvent, la traversée tourne mal pour ceux qui pensent  pouvoir le faire sans de l’aide. «Beaucoup de gens ont glissé et sont tombés dans l’eau parce qu’ils ne savent pas utiliser la vitesse qu’il faut pour traverser», révèle Adama Ouédraogo. Pour lui, il y a des passants qui doutent de leur bonne foi et pensent qu’ils s’enfuiront avec leurs engins. «Pourtant, ce n’est pas le cas», jurent-il. Ces jeunes n’exigent pas de l’argent aux passants, qui sont libres de leur donner quelques sous ou pas. A leur début, quand les eaux étaient encore hautes, les «passeurs» affirment qu’ils pouvaient empocher chacun 4000 à 5000 francs CFA en une journée. Mais au fil des jours, leur gain diminue. Néanmoins, ils parviennent à obtenir, selon eux, au moins 3000 francs CFA au quotidien, explique Hamidou Saga qui, auparavant, vendait des cartes de recharge téléphonique.

Bien qu’ils réussissent à avoir leur pitance du jour grâce à cette activité, ces «aides passants» n’entendent pas pour autant tourner totalement le dos à leurs anciennes occupations, car ils sont très bien conscients que ce n’est qu’une activité passagère. Une fois que la reconstruction du pont sera terminée, les usagers de la route reprendront, leur trajet. Comme le dit l’adage, tous les moyens sont bons pour gagner de l’argent.

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