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Inondations: les bons points du gouvernement

Visites de terrain, réunions tous azimuts, évaluations des dégâts et des besoins, actions d’urgence, appel à la solidarité, mesures de prévention… Le gouvernement burkinabè n’a décidément pas chômé depuis le 1er septembre 2009, qui a vu le pays, et notamment sa capitale, Ouagadougou, sombrer dans une catastrophe jusque-là inimaginable. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Exécutif du «pays des Hommes intègres» s’en sort plutôt bien dans la gestion de ce saisissant drame humain…

Trois semaines après les inondations qui ont jeté plus de 150 000 personnes dans les rues, on s’organise hardiment pour améliorer le provisoire et penser au durable. Près de 300 millimètres de pluie ont, en effet, on s’en souvient bien, à l’instar d’autres villes d’Afrique et d’ailleurs, ravagé une partie de la capitale des «Hommes intègres» et fait neuf morts. Des dizaines de maisons de fortune se sont écroulées comme des châteaux de cartes, le barrage a déversé son trop plein d’eau par-ci, par-là et, fait gravissime, le plus grand hôpital du pays, déjà dans un état peu reluisant, a dû évacuer dare dare ses malades pour cause d’inondation.

Face à ce drame d’une ampleur jamais égalée dans l’histoire du pays, la réaction des autorités communales et gouvernementales s’est voulue adéquate. Le gouvernement, notamment, a très tôt pris la mesure de la catastrophe, et le Premier ministre a effectué un tour de ville le jour même, dès que le ciel a daigné accorder une accalmie à cette terre complètement engorgée d’eau, après près de douze heures de pluies torrentielles. Et les premières mesures n’ont pas tardé à tomber. A leur suite, le président du Faso, de retour de Tripoli, où il a participé à la célébration du quarantième anniversaire de la révolution libyenne, a donné le ton, le 7 septembre 2009, à une vaste opération de solidarité nationale et internationale, qui se poursuit et qui montre combien chacun, ici et au-delà des frontières nationales, sait faire parler son cœur.

Du reste, comme pour attester que les actions d’urgence doivent céder la place à des mesures beaucoup plus profondes, susceptibles de prévenir de tels drames, tout en apportant un appui substantiel aux sinistrés – qui ne doivent cependant pas se complaire dans une logique d’éternels assistés – le gouvernement vient de prendre de nouvelles mesures, au terme du Conseil extraordinaire des ministres qu’il a tenu le 19 septembre dernier. Ces mesures, sous forme de décrets, concernent notamment la «réglementation des bandes de servitudes des canaux primaires d’évacuation des eaux pluviales, des zones inondables inconstructibles et des zones submersibles dans la ville de Ouagadougou», ainsi que «la mise en place d’un dispositif de gestion des secours d’urgence suite aux inondations», et la nomination des membres de ce comité de gestion.

Le gouvernement semble ainsi tracer les sillons de la responsabilité et de la prévention, même si l’on peut déplorer, à juste titre, qu’il aura fallu ce drame pour que l’on se remue à secouer le cocotier de la politique de l’habitation, de l’urbanisme et de l’aménagement urbain, tout au moins dans sa dimension «zones à risques», où des habitations parfois inqualifiables poussent comme des champignons sur des parcelles «non loties». Evidemment, il faut encore que cette fois-ci, les mesures énoncées, ainsi que celles qui devraient indubitablement venir renforcer le dispositif, ne se résument pas, comme il est de coutume, en un catalogue de bonnes intentions, juste agréable à lire puis à ranger dans les placards de l’histoire.

En attendant, et alors que la rentrée des classes est désormais inéluctable, on peut se réjouir de ce que la question du relogement provisoire des sinistrés - qui ont trouvé refuge, jusque-là, pour la plupart, dans des écoles - reste au cœur des préoccupations du gouvernement. Le Premier ministre a ainsi visité, ce 21 septembre, les nouveaux sites d’accueil de ces centaines de sans-abris, afin que les élèves retrouvent leurs cadres de travail dès le 1er octobre. Mais, également, le Conseil des ministres a donné des instructions pour que des «mécanismes d’appui au relogement» soient étudiées et mises en œuvre.

D’une manière générale, et selon le sondage organisé par Fasozine sur «la réaction et les actions du gouvernement face aux inondations du 1er septembre 2009», les internautes pensent que l’Exécutif burkinabè s’en est bien tiré. Sur 139 votants, en effet, seuls 24 personnes, soit 17,3% estiment que la gestion gouvernementale de cette crise est «médiocre». On compte, en revanche, 59 votants (42,4%) et 15 personnes (10,8%) qui jugent, respectivement, «Bonne» et «Excellente» la réaction et les actions du gouvernement face à ce drame. De plus, 41 personnes, soit 29,5%, donnent la note «Passable» au gouvernement de Tertius Zongo.

Au total, il appartient désormais à l’Exécutif burkinabè de capitaliser les acquis et de mettre en œuvre des actions toujours pertinentes et responsables pour sortir du drame, d’une part, et pour créer les conditions d’une vraie prévention, d’autre part. En somme, c’est véritablement le plus dur qui est à venir, et les bons points engrangés par le gouvernement seront constamment revisités à la loupe de la gestion transparente des fonds récoltés.

 

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