Sarkozy au Val-de-Grâce : Encore une leçon pour les dirigeants africains

26 juil 2009

C’est une autre leçon que la France vient de donner aux dirigeants africans en rendant très tôt public le malaise qu’a eu Nicolas Sarkozy ce dimanche 26 juillet alors qu’il fasait du sport. Sous les tropiques, si l’on cache avec un soin frisant l’indécence le décès des chefs de l’Etat, ce n’est pas leurs maladies qu’on dévoilera ainsi au peuple. Même les plus petits bobos de ces «grands malades qui nous gouvernent» sont tenus dans le secret le plus absolu. Comme si le peuple est un  sorcier doté d’un mauvais œil, prêt à précipiter le chef vers la tombe!

 


Les maladies de l’Ivoirien Houphouet Boigny, du Togolais Gnassingbé Eyadema, du Zaïrois Mobutu Sésé Séko et plus récemment du Gabonais Omar Bongo Ondimba, pour ne citer que ces «grands»cas, ont été soigneusement maintenues sous le sceau du secret, tout comme leurs décès respectifs ont été entourés de mystères qui n’en valaient pourtant pas la peine. Certes, dans le cas de ces dinosaures, leurs longs règnes les avaient pratiquement rendus immortels et les guerres de succession qui accompagnent leur disparition sont souvent sanglantes. En Afrique, la maladie, voire la mort du chef sont des sujets tabous et en parler constitue un véritable crime de lèse-majesté. Des journalistes se sont ainsi attirés sur eux les pires formes de représailles en osant parler d’un petit malaise du chef. Pourtant, en Europe le bulletin de santé de certains présidents tels Nicolas Sarkozy ou les informations sur la santé du Pape sont rendu publics comme les nouvelles météorologiques! Ce soleil de transparence se lèvera t-il un jour en Afrique pour déchirer le manteau de l’obscurantisme dont les dirigeants aveuglent leurs peuples ? Peut-être…


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