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Burkina: les syndicats de la santé suspendent leur mouvement d'humeur engagé depuis plus de 6 mois suite à la reprise des négociations

SOCIETE

 

Depuis 2011, l’Association burkinabè d’accompagnement psychologique et d’aide à l’enfance (Abape), dont le siège est à Wemtenga, un quartier de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, a fait de son cheval de bataille, la prise en charge des enfants autistes. «Aimer-Eduquer-Rendre autonome» est la devise de ce centre dirigé par le psychologue Boukari Pamtaba. 

Forte de six psychologues et de douze monitrices, l’équipe de M. Pamtaba vient en aide aux enfants et adolescents autistes. L’association assure ainsi, dans son centre, le suivi et la prise en charge psycho-éducative des enfants et adolescents en situation de handicap mental au Burkina Faso.

L’autisme est un trouble neuro-développemental envahissant, qui affecte l’enfant au niveau de la communication, de l’interaction sociale et du comportement. Mais selon les spécialistes, les troubles varient selon les personnes. Ainsi, selon le psychologue Boukari Pamtaba, l’autiste est «un enfant beaucoup plus replié sur lui-même et qui n’amorce pas de façon spontanée le contact social. Il n’a pas d’habilité sociale comme tout enfant normal». Il ne s’agit donc pas d’une maladie, mais d’un syndrome, une pathologie qu’on régule à vie progressivement.

L’isolement, la colère, les troubles de sommeil et le manque de contact visuel sont les signes de manifestation de l’autisme chez un enfant. «A la maison, l’enfant reste indifférent. Certains enfants expriment le langage au début mais l’interrompent après. Souvent, lorsqu’il joue et qu’un autre enfant s’approche, l’autiste a tendance à se retirer pour être seul. L’autiste n’a pas de contact visuel car il n’a pas conscience de l’existence de l’autre. Il a donc tendance à tout conserver pour lui-même», explique M. Pamtaba.

Le diagnostic de l’autisme ne peut être confirmé qu’à partir de trois ans, même si des signes d’alerte peuvent apparaître entre 0 et moins de 3 ans, précise encore Boukari Pamtaba.

L’Abape prend en charge 80 enfants. Selon les statistiques au niveau mondial, un enfant sur 150 est atteint d’autisme. Valorisant l’éducation inclusive à travers une prise en charge adaptée, les enfants autistes du centre dont l’âge est compris entre 2 et 5 ans sont inscrits à la maternelle pour apprendre l’interaction sociale. Parmi eux, certains excellent dans leur classe.

Mais il arrive qu’en milieu d’année, ils soient renvoyés au centre pour cause d’absence de personnes spécialisées dans ces écoles pour appuyer l’enseignant titulaire. «Nous les inscrivons à l’école mais nous ne sommes pas maîtres de ces écoles. Nous ne pouvons donc pas imposer de prise en charge. Il arrive souvent qu’au cours de l’année, le responsable de l’école nous appelle pour dire qu’il ne peut plus garder l’enfant», explique avec amertume Boukari Pamtaba.

Les difficultés auxquelles le centre est confronté sont d’ordre financier et infrastructurel, avec notamment le manque de cadre adéquat pour suivre les enfants. Jusque-là, le centre n’a pas le soutien du gouvernement et survit grâce aux contributions des parents, à l’Unicef et aux ONGs comme Light for world.

«Si nous voulons répondre au slogan du gouvernement qui appelle à une éducation inclusive de qualité tout au long de la vie, il doit appuyer notre structure en nous donnant des cadres pour nous permettre de mieux nous exprimer», fait savoir le responsable du centre qui rêve d’un complexe regroupant une école spécialisée, une maternelle, une école primaire et des ateliers professionnels pour que les enfants puissent apprendre aussi des activités et se préparer ainsi à accepter leur handicap.

«Au Burkina, les gens font de cette pathologie un tabou et certains parents refusent d’investir dans leurs enfants autistes car n’ayant pas confiance en leurs potentiels», déplore Boukari Pamtaba. Et pour lui, quand on a un enfant autiste, il faut juste adapter son environnement social aux principes de l’enfant parce qu’il n’est pas dans la généralisation des acquis.

 © Fasozine N°77 Septembre-Octobre 2018

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