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SOCIETE

Dans son programme mensuel, l’Institut Français de Ouagadougou se penche sur les questions de société, à travers l’institution de débats. Pour le premier du genre de cette année 2017, il était question d’aborder le sujet relatif à la prostitution. C’est autour d’une étude menée par Lydia Rouamba, sociologue chercheuse, dont les conclusions sont contenues dans un ouvrage  intitulé « La prostitution féminine au Burkina Faso », qu’ont porté les discussions, jeudi 5 janvier 2017.



Définissant la prostitution comme « une forme de violence faite aux femmes et d’atteinte à la dignité de celle-ci », et se sentant interpellée par tout ce qui attrait à la violence, Lydia Rouamba, a voulu à travers cette démarche ayant conduit à la rédaction d’une œuvre, « apporter ma contribution à la lutte contre la pratique de la prostitution », déclare-t-elle. Face à une tendance qui tend à banaliser ce phénomène, de par sa plume et à l’issu d’une étude scientifique qui lui a valu de toucher du doigt certaines réalités, cet auteure vise à « déconstruire les deux idées principales qui gravitent autour de la prostitution qui disent que c’est un mal nécessaire, mais aussi le plus vieux métier du monde ».

A travers un travail d’arrache-pied, ponctué par des sorties sur le terrain, dans des maisons closes, les artères de la ville et lieux de prédilection des prostitués, également des entrevues avec tous les maillons de la chaîne, à savoir les principales concernées, les présumés proxénètes,  et supposés clients « prostitueurs », Lydia Rouamba dit vouloir amener la société à avoir un autre regard sur ces « filles marginalisées ». Pour elle, il faudrait qu’elles soient considérées non plus comme des criminelles, mais plutôt comme des victimes. Prenant le cas des prostitués mineures, elle soutient que « ce sont des personnes vulnérables ayant beaucoup plus besoin de soutien ».

Toutefois, elle reconnait que la majorité des filles que l’on retrouve sur les trottoirs, assises sur des tabourets, dans des bars et boîtes de nuit ou même sur des motos dans des coins de la rue, s’adonnent à cette pratique par contrainte. Selon Mme Rouamba, cela s’explique par des facteurs comme la pauvreté ou encore des disfonctionnement familiaux. Par le passé, il ressort que cette pratique était exercée par des femmes venues de pays étrangers, mais aujourd’hui, on assiste de plus en plus à une forte présence de femmes burkinabè, qui dit-elle « exercent dans la clandestinité ».

«Il n’existe pas vraiment de mécanisme visant à aider les prostitués à sortir de là, et à faciliter leur réinsertion sociale », se désole l’auteure de « La prostitution féminine au Burkina Faso ». A en croire Lydia Rouamba, il convient ici de jeter la pierre « aux "prostitueurs" (clients Ndlr), proxénètes, tenanciers et propriétaires de maisons closes, qui jouent un rôle capital dans la poursuite de cette pratique. Ce sont ces derniers qui devraient être considérés comme les véritables criminels, car demandeurs, ils le sont ».

En outre, elle assure que la recrudescence de cette pratique est en partie due à l’existence d’une banalisation de la violence sexuelle dans la société. Ce qui conduit à réduire la femme à une valeur marchande. C’est la raison pour laquelle, elle appelle à une prise de conscience collective. « Si on n’y met tous de la volonté, on peut faire reculer ce phénomène », conclut-elle.   

Guy Serge Aka 

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