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SOCIETE

Le 21 juin dernier, s’est tenu le Forum national des personnes vivant avec un handicap sous le thème : «Autonomisation sociale et économique des personnes : état des lieux et perspectives». Au sortir de ce grand rendez-vous entre le président Roch Marc Kaboré et cette frange de la population burkinabè, estimée à environ un million de personnes, Souleymane Ouédraogo, secrétaire général du Réseau national des personnes handicapées fait l’état des lieux et donne quelques pistes de solutions.


Fasozine : Quel est l’état des lieux en termes de stigmatisation et d’inclusion des personnes vivants avec un handicap ?
Souleymane Ouédraogo : Si nous nous referons aux études qui ont été produites depuis 2008, parce qu’il n’y a pas eu d’autre jusqu’à présent, la situation n’est pas très reluisante dans la mesure où il y a encore beaucoup de résistance au niveau même des communautés par rapport à la prise en compte et à l’intégration sociale des personnes handicapées. Il y a encore des stigmatisations au regard de la perception négative du handicapé qui est toujours vivace au sein de nos communautés. Il y a également le fait qu’au niveau politique et économique, il y a très peu de chose dans la mesure où malgré l’adoption de la loi 012, il reste encore que  cette loi ne  connait pas encore une application véritable. Cependant, il y a des efforts qui sont consentis parce qu’il y a également des partenaires techniques et financiers qui appuient le ministère en charge des personnes handicapées qui travaillent dans le sens à mettre en place des stratégies et des programmes au profit des personnes handicapées. Le dernier forum national des personnes handicapées a accouché également de certains engagements du gouvernement que nous espérons voir en tout cas se réaliser un jour.

Que doit faire l’Etat concrètement pour amoindrir cette situation ?
De façon urgente, l’Etat doit mettre tout le mécanisme qu’il faut pour réduire l’état de paupérisation des personnes handicapées parce que la question de la pauvreté de la personne handicapée est assez accrue dans la mesure où entre le handicap et la pauvreté, la barrière n’est pas aussi étroite. Si bien que si des actions sont faites à ce niveau pour réduire la pauvreté en leur donnant des moyens du point de vue de la mise en œuvre des activités économiques, ce serait une bonne action. Donc si vraiment des actions sont mises en œuvre dans le sens de l’application par exemple de la loi 012 portant protection et promotion de la personne handicapée, nous pensons que beaucoup de problèmes vont connaitre un solutionnement.

Quel commentaire faites-vous sur la décision du gouvernement d’éradiquer le phénomène de la mendicité de nos villes ?
C’est vrai que du point de vue de la législation, la mendicité est une infraction. Elle est interdite mais la mendicité n’est pas le fait de l’individu mais plutôt un fait social. On ne devient pas mendiant parce qu’on le veut mais parce qu’on est face à une situation à laquelle on n’y peut rien. Je pense donc que le gouvernement devrait en même temps qu’il éradique la mendicité dans les grandes villes comme Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, travailler à sensibiliser non seulement ces mendiants mais aussi à les occuper. Il faut leur trouver de quoi faire pour s’auto-suffire. Personne n’est heureux d’être mendiant. Certes il y aura de la résistance parce qu’il y a des gens qui en ont fait une activité. Il faudra vraiment mettre beaucoup plus de sérieux mais pour le cas des personnes handicapées il faut un accompagnement réel.

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