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Burkina: 4 douaniers en service de contrôle routier à Nouhao à environ 10 km de Bittou et un civil tués au cours d'une attaque terroriste

SOCIETE

Le Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ)  a rendu public le vendredi 4 mai 2018 à Ouagadougou, le rapport 2017 sur l’état de la liberté de la presse. Le panel des experts nationaux  a attribué au titre de l’année 2017, la note de 2,64 sur 4 points à l’indice  de viabilité des médias au Burkina Faso. Selon les consultants qui ont rédigé le rapport, cette note  traduit « une situation assez viable », selon la méthodologie Irex, pour l’exercice de la liberté d’expression  et de la presse au cours de l’année 2017.

Selon le Dr Koffi Amétépé, l’un des consultants de ce rapport, cette note correspond à une situation assez bonne pour l’exercice de la liberté de presse et d’expression et à une situation assez viable pour les médias. L’année dernière, la note du Burkina était 2,37, ce qui signifie que cette année, le pays a évolué de 0,27. Pour le consultant, la situation du Burkina en une année n’a pas vraiment pas évolué.

« En effet, il n’y a pas eu de nouvelle loi ni de nouvelles mesures. Mais globalement les journalistes n’ont pas connu d’agressions significatives » a-t-il fait savoir. 

Le rapport a été élaboré sur la base de 5 critères : l’existence de la liberté d’expression et de parole, la pratique d’un journalisme professionnel, la diversité des médias  et la pluralité de l’information, la gestion des entreprises de presse et le dynamisme des institutions et organisations professionnelles de soutien des journalistes et des médias. A cela, un sixième indicateur a été ajouté à savoir la question de la place et du rôle de la femme dans les médias burkinabè.

Le rapport estime que cette situation n’est pas un acquis malgré la bonne notation du Burkina. Pour preuve, le consultant a fait le point des actes de violences commis à l’encontre des journalistes et des médias. Entre autres, il s’agit de la condamnation pour diffamation du journal mutation à 16 millions de F CFA, le procès intenté contre le journaliste Lookman Sawadogo, la violence physique exercée contre le président de l’Association des journalistes du Burkina (AJB) à Kaya. 

Pour que le Burkina ne perd pas sa place et puisse accéder à la dernière marche à savoir une notre comprise entre 3 et 4, le rapport  a fait des recommandations aux différents acteurs. Ces recommandations une fois concrétisées pourront amener le  Burkina a quitté « d’une situation assez viable » à une « situation très viable ».

Il s’agit  de rendre opérationnelle la loi d’accès à l’information publique et aux documents administratifs, la relecture de la loi de la presse sur la diffamation afin de soumettre la production de la preuve au plaignant et non aux médias,  la transparence dans la gestion des entreprises de presse, sortir le Conseil supérieur de la Communication (CSC) de sa zone de turbulence, faire le point de la mise en œuvre de la convention collective, poursuivre la campagne de sensibilisation et de formation des journalistes et des forces de sécurité d’une part et des journalistes et magistrats d’autre part, etc.

« Nous nous félicitons pas à l’instar de Reporters sans frontières (RSF) qui dit que le Burkina a gagné un point. Nous n’avons pas encore gagné un point. Gagner un point veut dire mettre en place les conditions à savoir : diffamation résolue, accès à l’information résolu et également bonne gouvernance des entreprises de presse » a laissé entendre le Dr Amétépé.

Selon le rapport 2017 de RSF sur l’état de la liberté de presse, le Burkina Faso est classé 41e sur 180 pays contre 42e en 2016. Il est le 5e pays en Afrique et 1er en Afrique de l’ouest francophone.  

Le rapport national rendu public ce 4 mai  est constitué de 4 stades selon la méthodologie Irex. Une moyenne comprise entre 0 et 1 point équivaut à une situation pas viable, entre 1 et 2 à une situation peu viable, entre 2 et 3, une situation assez viable et entre 3 et 4 à une situation très viable.

Le présent rapport a été suivi d’une étude spécifique intitulée « Radiodiffusions et extrémisme violent : autopsie d’un journalisme assiégé ». Elle a été menée par le Dr Lassané Yaméogo. L’étude qui a été menée en mars et avril 2018  dans 10 villes a concerné 19 radios. Elle révèle que l’extrémisme violent constitue une atteinte grave à la jouissance de la liberté de la presse et d’expression.