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SOCIETE

Le Burkina Faso a commémoré ce lundi 31 octobre 2016, la journée nationale d’hommage aux martyrs de l’insurrection populaire et du coup d’Etat manqué de septembre 2015. Le cérémonial officiel d’hommage a eu lieu dans la matinée de ce lundi devant les ruines de l’Ex-Assemblée nationale sous la présence remarquable du chef de l’Etat, Roch Kaboré, de l’ancien président de la Transition, Michel Kafando, du chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré, et de tout le gotha politique et institutionnel du pays. Mais bien avant cela, les populations et les autorités ont participé  une marche populaire de la Place de la Nation à la défunte Assemblée nationale.

 

La marche symbolique qui a duré environ heure a connu la participation de toutes les couches sociales. Les autorités politiques à l’image de Simon Compaoré, ministre en charge de la Sécurité intérieure, le maire de la ville de Ouagadougou, Armand Béoindé, Chériff Sy, ancien président du Conseil national et de la Transition et les leadeurs des organisations de la société civile ont effectué la marche à pied qui les a conduit jusqu’à l’Ex Assemblée nationale, lieu de l’hommage national. Très émouvant, la marche était entre coupée de l’appel nominatif des disparus et de pause pour entonner l’hymne national.

9h30 mn : l’heure de l’hommage national. A l’arrivée du cortège devant les ruines de l’ancienne Assemblée nationale, les populations et les personnalités ont été invitées à se tenir debout pour l’hommage aux victimes, en observant une minute de silence à 9h30mn. La sirène a alors retenti plongeant l’assistance dans les souvenirs des journées du 30 et 31 octobre 2014.

C’est après cet instant d’hommage qu’a démarré le cérémonial. Appel nominatif des 42 martyrs, prestations d’artistes, allocutions, exposé chronologique sur les faits marquants de l’insurrection populaire et visite de l’exposition photographique dans la cour du bâtiment incendié du  Parlement ont constitué les grands axes de cette commémoration.

L’une des allocutions marquantes a été prononcée par Franck Sya, le représentant des familles des victimes de l’insurrection populaire et du coup d’Etat manqué de septembre 2015. Pour ce dernier, la vérité et la justice pour ceux qui sont morts sont indispensables dans le parachèvement de la victoire du peuple.

« L’histoire, une fois de plus, nous confirme que les grandes luttes ont toujours engendré de graves conséquences. 42 hommes et femmes, intègres aux mains nues ont été lâchement assassinés par les courtisans armés du régime déchu. Près de 300 personnes ont été blessées. C’est le lieu ici pour nous de nous incliner et de saluer de vive voix la mémoire de tous nos camarades de lutte, nos frères et sœurs tombés au prix du sacrifice suprême pour la délivrance de notre très chère patrie», a indiqué M. Sya, en interpellant les autorités sur le sort des blessés qui n’ont pas encore reçu de soins.

Sur les 439 blessés des deux événements, 129  personnes vivent toujours avec leurs blessures et attendent de se faire soigner. Outre cela, il a recommandé la mise en place d’un fonds d’accompagnement au profit des victimes. « Maintenant nous attendons la victoire judiciaire. La stabilité, la quiétude et l’émergence du Burkina Faso sont entre les mains de vous magistrats, de vous hommes du pouvoir judiciaire. Nous demandons la lumière sur tous les dossiers pendants, que les innocents soient affranchis, que les coupables soient punis et que réparation soit faite», a déclaré Franck Sya sous un tonnerre d’applaudissement de la foule, qui n’a pas manqué de scander durant toute la cérémonie le mot « justice ».

«Nous souffrons de ces libérations provisoires». Le message officiel d’hommage a été lu par Simon Compaoré, ministre d’Etat, ministre en charge de la Sécurité intérieure. Il a rendu hommage à tous les martyrs car c’est grâce à leur sacrifice ultime que le Burkina Faso s’est tourné résolument sur la voie de la démocratie et de la liberté: «Pour mémoire, l’histoire politique du Burkina est marquée par d’énormes soubresauts caractérisés par une tradition de lutte héroïque contre l’arbitraire et la dictature, pour la liberté et le progrès socioéconomique. Entre désormais dans la nomenclature de ces luttes à caractère particulier, l’historique insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et la résistance populaire et héroïque suite au putsch du 16 septembre 2015 contre les institutions républicaines de la Transition. Ces événements constituent des moments majeurs de cette marche du Burkina car ils marquent l’engagement du peuple au prix du sacrifice suprême contre la dictature et témoin de son attachement à la liberté et au progrès social», a dit Simon Compaoré.

Par ailleurs, le ministre Simon Compaoré a exprimé le vœu que justice soit rendue à toutes les victimes et que, l’année prochaine à la même période, la commémoration se passe avec la justice dite sur les deux événements.

«Nous souffrons de ces libérations à gauche et à droite. C’est ensemble que nous avons fait bouger les lignes les 30 et 31 octobre et que nous avons fait échouer le putsch. Et ensemble nous allons faire bouger les lignes au niveau de la justice pour que la justice soit rendue à tous ceux qui sont morts, blessés et en attente de la justice. Quand la justice et la vérité seront au rendez vous, nous pourrons sereinement parler de réconciliation. Sur ce point, le peuple sera intraitable», a laissé entendre Simon Compaoré.

Le cérémonial a pris fin avec la visite de l’exposition photographique par les autorités. Le président du Faso a procédé dans la soirée à un dépôt d’une gerbe de fleur au mémorial des héros nationaux à Ouaga 2000.

A signaler que des manifestations similaires ont eu lieu dans d’autres localités du pays.

Dimitri Kaboré