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SOCIETE

Après la série d’agression de membres du personnel de la santé dans des hôpitaux par des accompagnants de malades, le Syndicat des médecins du Burkina Faso (Symeb) affiche ses inquiétudes dans la déclaration qui suit.


«C’est avec stupeur et indignation que nous apprenons l’agression de certains membres de l’équipe de garde des urgences traumatologique en cette nuit du 04 juin 2017. Cette agression est survenue à la suite du décès d’un patient, quand cinq individus ont porté atteinte à l’intégrité physique de trois membres de l’équipe qui assurait les soins et causé des dégâts matériels dans le service des urgences traumatologiques du CHUYO.

Ces évènements viennent nous rappeler l’insécurité grandissante dans nos hôpitaux avec la multiplication des actes d’agression physique envers les agents de santé dans l’exercice de leurs fonctions, particulièrement dans les services d’urgence. Quelque temps après l’agression de l’interne de Bobo Dioulasso, nous voici encore dans un nouveau scénario de violences. Trop c’est trop ! Tout en présentant nos condoléances  à la famille du défunt, nous condamnons fermement ces actes de violence dignes d’une autre époque. Nous témoignons toute notre compassion et notre soutien aux stagiaires concernés et à l’ensemble du personnel. Il est maintenant plus qu’urgent de trouver des solutions idoines pour ramener la sécurité afin de permettre aux agents de santé de travailler à soigner les burkinabè.

C’est pourquoi le SYMEB en appelle une fois de plus au sens élevé de responsabilité des vaillants citoyens du Burkina Faso afin d’éviter ces perturbations intolérables de la quiétude nécessaire pour la prise en charge de tous les patients.

Nous exhortons la direction de l’hôpital Yalgado Ouédraogo à une plus grande réactivité et une meilleure collaboration avec les agents de santé, les forces de sécurité et les services de la justice. Il faut appeler les responsables des hôpitaux à prendre toutes les dispositions nécessaires pour améliorer la sécurité dans les hôpitaux, notamment:

- L’affirmation et la détermination de tous les acteurs à poursuivre les auteurs d’actes délictueux à l’hôpital, à travers des messages clairs et des actions fortes, y compris des plus hautes autorités de la santé ;

-    L’arrêt de la stigmatisation des agents de santé qui sont rendus responsables des failles et des faiblesses du système de santé ;

-    Le renforcement des services d’hygiène et sécurité des hôpitaux en les dotant notamment d’un responsable sécurité des biens et des personnes qui, en lien direct avec les services de police, veillera à mettre en place une bonne politique de sécurité au sein de l’hôpital et à faire connaître et respecter le règlement intérieur de l’hôpital par les visiteurs et les accompagnants ;

-    L’ouverture d’une « entrée de visiteurs » distincte de « l’entrée du personnel et des ambulances » où toutes les entrées pourront être filtrées, en exigeant par exemple l’enregistrement d’un document d’identité pour l’accès ;

-    L’amélioration de la sécurisation de certaines unités qui sont plus exposées, notamment les services d’urgences, par des mesures d’isolement physique et le renforcement de l’équipe de sécurité ;

-    L’application stricte du principe « un malade un accompagnant » ;

-    La mise en place d’une zone de sécurité pour les soins avec accès par une fenêtre aux accompagnants (cas de la maternité de Yalgado) ;

-    Le renforcement des capacités de l’ensemble des agents de santé en communication hospitalière et accueil des patients ;

-    La réalisation d’une campagne massive de sensibilisation des populations sur l’incivisme ;

-    La mise en place de chambres disciplinaires dans l’ensemble des ordres professionnels de santé comme mesures préventives aux actions en justice ;

-    La création d’un service juridique et du contentieux avec l’instauration d’un numéro vert pour faciliter et enregistrer les plaintes des citoyens à l’hôpital ;

-    La création des conditions idoines pour la déclaration des actes de violence (document simple de déclaration, procédures) afin de permettre et faciliter les démarches    liées    aux    actes    d’agression    dans    les    hôpitaux (convention-hôpital-police-justice). Justice doit donc être faite et le SYMEB se constituera partie civile devant les tribunaux dans cette affaire et toutes autres affaires qui porteraient atteinte aux intérêts moraux et matériels des médecins.

La multiplication de ces actes vient rappeler au ministre de la Santé et à tout le gouvernement qu’il est urgent de créer les conditions nécessaires l’amélioration de la qualité des soins. Des réformes sérieuses doivent être engagées urgemment pour permettre aux hôpitaux et aux agents de santé de jouer pleinement leur rôle. Attendre, c’est courir le risque de voir la situation se dégrader et s’empirer. Il est temps d’agir pour la sécurité des soignants et pour la santé des populations !

Soyons des médecins dignes et intègres ! Vive le SYMEB !»

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