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SOCIETE

Ouagadougou abrite un symposium international sur le dialogue des religions et des cultures. Ouvert ce vendredi 3 mars par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Alpha Barry, les travaux de se symposium ont démarré avec en toile de fond, des débats sur l’enracinement de l’initiative africaine d’éducation au développement et à la paix par le dialogue interreligieux et interculturel lancé par le professeur Albert Tévoédjèrè le 29 mai 2015 à Cotonou.


La question du dialogue interreligieux et interculturel est d’une importance et d’une actualité considérable. Les conflits ne manquent pas et le dialogue semble l’unique voie pour la paix et le vivre-ensemble. C’est tout le sens de ce symposium de Ouagadougou qui réunit d’éminentes personnalités de divers horizons. Il s’inscrit dans le prolongement et le renforcement des enseignements de Cotonou. Il ambitionne donc de s’élargir à des problématiques nationales et internationales. Notamment celles sur lesquelles travaille l’Alliance des civilisations des Nations-Unies : le vivre-ensemble dans un monde de diversités, la mise en œuvre de stratégies interculturelles pour favoriser le dialogue des cultures, la prévention des crises et des tensions interculturelles etc.

De toutes les interventions, tout porte à croire que l’éthique sociale au Burkina Faso semble s’accommoder de la diversité religieuse et culturelle. La notion même de «Burkina», creuset de l’identité nationale, invite et devrait inciter selon les uns et les autres, au respect de certaines vertus cardinales que sont : l’intégrité, l’honnêteté, l’ardeur au travail, la justice, la dignité etc.

Selon les intervenants, le spectacle permanent des alliances à plaisanterie est aussi un mécanisme majeur à la fois de détente, de prévention et de résolution des conflits par le jeu qui irrigue les relations humaines. Comme exemple, le ministre Alpha Barry a indiqué que c’est grâce à cette alliance à plaisanterie qu’il a pu convaincre le président Mahamadou Tandja du Niger de libérer le journaliste Moussa Kaka emprisonné en son temps. « Après toutes les vaines tentatives de chefs d’Etats et des grandes puissances, c’était à moi qu’il était revenu de convaincre le président Tandja. Jai dû utiliser ce mécanisme puisque la maman du président nigérien est peulh tout comme je le suis. Il ne pouvait pas me refuser quelque chose en tant que son neveu», témoigne le ministre Barry à l’ouverture du symposium.

Pour le médiateur du Faso, «Dieu ne serait pas Dieu s’il n’avait prévu qu’un seul chemin pour l’adorer et ses chemins doivent se croiser». Tous sont donc unanimes que l’ensemble de ces facteurs contribue à intégrer le fait religieux dans la vie sociale et non l’inverse. Pour Alima Déborah Traoré, médiateur du Faso, «la femme doit prendre sa place et toute sa place dans ce dialogue car Dieu lui-même en confiant la procréation à la femme, c’est lui confier le sort de l’humanité».

Et ce n’est pas le professeur Albert Tévoédjèrè, médiateur émérite honoraire de l’Uemoa qui dira le contraire. «ll faut agir ensemble. Chaque dialogue, chaque prière doit conduire à une action commune», fait remarquer M. Tévoédjrè. Il a invité d’ailleurs le président Roch Marc Kaboré à prendre ses responsabilités dans cette affaire et qu’on dise qu’«à partir du Burkina Faso, Dieu créa le monde du vivre-ensemble». «Que le berceau de l’humanité soit le berceau du vivre-ensemble», a-t-il conclu.    

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