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POLITIQUE

Le deuxième trimestre de l’année 2019 a été sanglant dans les villages de Bourzanga, commune rurale du Bam frontalière du Soum. En conséquence, 6000 personnes ont trouvé refuge dans le chef-lieu de commune et à Namsiguia. Le Maire de Bourzanga, Dieudonné Badini, par ailleurs Directeur de cabinet du Chef de file de l’Opposition politique, est allé soutenir  ces réfugiés internes le dimanche 14 juillet 2019. Accompagné de ses adjoints, de plusieurs conseillers municipaux et des conseillers villageois de développement (CVD), le Maire a fait don de cinq  tonnes de riz et de maïs à ces compatriotes.

La commune de Bourzanga et ses voisins des provinces du Bam et du Soum connaissent de plus en plus d’attaques terroristes visant les populations civiles, les communautés religieuses et des leaders d’opinion. Ce qui a entrainé un déplacement massif des habitants des localités concernées. Au total, 22 des 42 villages que compte Bourzanga se sont vidés de leurs habitants, direction Bourzanga Centre et Namsiguia (village de la même commune) où la présence de postes de Gendarmerie et de Police rassure quelque peu.  A la date du dimanche 14 juillet 2019, environ 4000 âmes ont trouvé refuge à Bourzanga Centre et 2100 à Namsiguia. Elles viennent non seulement des villages rattachés à la commune, mais aussi des communes voisines de Tongomayel, Arbinda, Kelbo et Djibo, dans la province du Soum. 

Au Lycée départemental, dans les écoles primaires, dans les centres religieux et dans les quartiers périphériques, ces personnes fuyant la terreur ont été accueillies. Il manque cependant d’eau et de nourriture. Les conditions d’hébergement sont également précaires : Une salle de classe peut accueillir jusqu’à 50 personnes, des femmes et des enfants pour l’essentiel. Les hommes, eux, dorment à la belle étoile, à la merci des intempéries. 

Nombre de personnes ayant été témoins de crimes odieux présentaient de signes de dépression. La faim était aussi là, aussi bien chez les hommes que chez le peu d’animaux domestiques qui leur restait.

Risnata Derra, 27 ans, mère de deux enfants, a témoigné avoir fui son village (dans le Soum) avec ses enfants, sans nouvelle de son mari. Elle a dû marcher une demi-journée avant d’arriver à Bourzanga. Avec elle, un baluchon, et quelques petits ruminants qui sont d’ailleurs morts en route.  

Rencontrant les représentants des déplacés à l’Ecole primaire Bourzanga Centre, le Maire Badini les a encouragés et a témoigné de la solidarité du Conseil municipal à leur endroit. Il les a aussi appelés à la vigilance, et à faire en sorte que de mauvaises personnes ne profitent pas de la situation pour commettre des actes répréhensibles. 

Au regard du nombre important des déplacés (qui continuaient d’ailleurs d’affluer à la date du 15 juillet 2019), Dieudonné Badini a estimé que l’aménagement d’un camp est nécessaire pour faciliter l’hébergement, la sécurité et les autres aspects de prise en charge tels que la santé et l’alimentation. 

Il a aussi demandé aux ressortissants et amis de la commune, à l’Etat et aux amis du Burkina Faso de venir en aide aux déplacés de Bourzanga. « C’est une tradition chez nous : on fait d’abord un geste, avant d’appeler au secours», a expliqué le Maire de Bourzanga pour situer le contexte de son don. 

Les déplacés ont grandement apprécié le geste du Maire, et lui ont vivement témoigné leur reconnaissance. Ils ont demandé aux autorités du pays la possibilité de retourner sur leurs terres, et mener à nouveau leurs activités en toute sécurité.

 

 

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