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Côte d'Ivoire: Charles Blé Goudé sera jugé par le tribunal criminel à Abidjan
Burkina: les syndicats de la santé suspendent leur mouvement d'humeur engagé depuis plus de 6 mois suite à la reprise des négociations

POLITIQUE

1er janvier-11 avril 2019, cela fait 101 jours que ce sont déroulés les tueries survenues à Yirgou et ses environs, suite à l’assassinat du chef du village, des membres de sa famille et deux membres du groupe d’autodéfense Koglwéogo par des individus armés non identifiés. Trois mois après, le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) né à la faveur desdits évènements, a donné de la voix ce jeudi 11 avril 2019 à travers une conférence de presse pour réclamer justice.

Trois mois après ce drame qui a fait couler beaucoup d’encres et de salives, le CISC dit constater avec amertume, que jusque-là, aucun suspect n’ait été arrêté alors que certains sont connus et continuent selon lui, de «se déplacer librement avec des armes apparents sous le regard complice ou impuissant des Forces de défense et de sécurité.» «Pire, ces milices enlèvent, torturent et tuent certains déplacés quand l’envie leur vient. Surtout quand ceux-ci repartent sur leur lieu habituel de résidence pour chercher leur bétail qui s’y trouve», martèle Daouda Diallo, porte-parole du collectif qui ajoute que c’est le cas de Sadou Dicko, tué le 24 février dernier.

Me Ambroise Farama, porte-parole du collectif des avocats du CISC, fait remarquer que selon les propos du Procureur du Faso près le TGI de Kaya, celui-ci reconnaitrait l’impuissance de la justice et sollicite que les moyens adéquats soient mis à sa disposition pour assurer au mieux l’œuvre de justice. «C’est donc le lieu pour nous, d’interpeller le ministre de la Justice afin que d’une part les moyens adéquats soient mis à la disposition du tribunal et d’autre part, que d’autres juges d’instruction soient nommés dans les meilleurs délais pour renforcer le personnel du Tribunal de grande instance de Kaya avec pour mission principale, la prise en charge de ce dossier dit de Yirgou», a dit M. Diallo. Daouda Diallo s’interroge aussi sur la non arrestation des 130 suspects sérieux annoncé par le procureur de Kaya et qui auraient été identifiés comme étant des personnes ayant participé aux «massacres» de Yirgou. Et Me Farama d’ajouter qu’il y a de risques sérieux que ces personnes se soustraient à la justice.

De la question de la prise en charge des déplacés de la commune de Kelbo, Daouda Diallo fait remarquer que depuis l’avènement du drame de Yirgou, l’Etat à travers ses structures ministérielles et ses partenaires techniques, a déployé de grands moyens humanitaires pour assister les victimes de Yirgou et de Gassenliki notamment à Bassalgho et Foubè. Tout en saluant cette promptitude et cet effort du gouvernement, le collectif tient à informer l’opinion que malgré ses interpellations, plus de 5000 victimes et déplacés sont dans une détresse humanitaire et sécuritaire à Kelbo, particulièrement à Belegagnanguel où 2100 victimes directes de Yirgou seraient sans assistance.

«Plus de 100 morts à Arbinda»

De la situation à Arbinda, le CISC affirme que l’Etat ayant fait preuve «mollesse» dans le traitement du dossier de Yigou, les «milices n’ont pas hésité à récidiver avec la même atrocité à Arbinda.» Pour le collectif, la réaction de l’Etat n’est pas à la hauteur des attentes. Contrairement aux chiffres de l’Etat qui font état de 62 morts, le décompte fait par le CISC fait ressortir plus de 100 morts. Le CISC en appelle donc à la responsabilité de l’Etat du Burkina parce que pour lui, la stigmatisation d’une communauté ne saurait être une stratégie dans la lutte contre le terrorisme. Et le danger selon Daouda Diallo, est que la stigmatisation pourrait pousser certaines personnes dans les bras des terroristes qui se présentent comme leurs protecteurs contre les FDS.

Par conséquent, le CISC exige que justice soit faite pour le double crime de Yirgou et de Arbinda ; que cesse immédiatement les exécutions extrajudiciaires en cours ; que des enquêtes indépendantes soient ouvertes pour situer les responsabilités sur les crimes commis à Banh et les autres localités du Nord, dans le Mouhoun et l’Est du Burkina. Le CISC recommande également un débat national sur les questions du terrorisme et des milices d’auto-défense et que tous les leaders religieux, coutumiers puissent s’exprimer et interpeller les citoyens sur les violences communautaires.

 

 

 

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