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POLITIQUE

Ceci est le message de nouvel an du Chef de file de l’opposition politique. Dans cette déclaration, Zéphirin Diabré dresse le bilan de la gouvernance du pays en 2018 et avance les défis que devra relever le peuple burkinabè en 2019.

Très chers compatriotes, 

Filles et fils  du pays des hommes intègres, 

Frères et sœurs de la diaspora, 

Frères africains et amis étrangers vivant au Burkina Faso, 

Peuple du Burkina Faso,

Alors que s’achève 2018 et que nous sommes en train de mettre le pied dans l’année nouvelle, l’Opposition politique est heureuse de vous souhaiter une très bonne et heureuse année 2019. 

A notre cher pays, le Burkina Faso, nous souhaitons une année de sécurité, de concorde, de paix et de progrès partagé.

Nos vœux, les meilleurs, à tous les Burkinabè et à tous ceux qui ont choisi de vivre avec nous au Faso. 

A nos vaillantes forces de défense et de sécurité qui versent leur sang sacré pour défendre et protéger notre pays, nous souhaitons une année de triomphe et davantage de combats gagnés. 

Aux familles des éléments de nos FDS tombés au champ d’honneur et à toutes les familles ayant perdu des membres, l’Opposition présente ses condoléances et souhaite beaucoup de courage.

A ceux qui sont malades, l’Opposition exprime ses vœux de prompt rétablissement. 

A nos braves paysans et éleveurs qui nourrissent la Nation, nous souhaitons une année d’abondance, et aux travailleurs du public et du privé une année de bonheur. 

A nos commerçants et aux hommes d’affaires qui créent et distribuent la richesse malgré un contexte difficile, nos vœux de plein succès. 

A nos frères et sœurs vivant à l’étranger, l’Opposition politique souhaite une heureuse année. 

A la jeunesse burkinabè, patriote et volontaire, l’Opposition souhaite des opportunités qui leur permettront de se réaliser. 

A nos vaillantes mères, porteuses de vies et piliers de nos familles, très bonne et heureuse année. 

A nos autorités coutumières et religieuses, qui ont immensément contribué à un meilleur vivre-ensemble et à la protection de valeurs sociétales, nous souhaitons une année de bénédictions. 

Chers compatriotes, 

Que l’on vive au Burkina ou qu’on le regarde de l’extérieur, que l’on soit de la Majorité ou de l’Opposition, que l’on appartienne ou pas à une chapelle politique, le constat qui s’impose, c’est que notre pays se porte très mal. 

 

Cela était déjà perceptible dès les premiers jours du règne du MPP. Et depuis lors, à de multiples occasions, l’Opposition n’a cessé de sonner l’alarme : 

- Aux cent premiers jours du nouveau-ancien pouvoir, nous l’avons fait en dénonçant  une gestion douteuse faite d’hésitations et de tâtonnements. Des esprits chagrins nous ont reprochés d’être allés trop vite en besogne. Pourtant, nous voyions avec certitude que le pilote de notre pays nous conduisait tout droit dans le mur. 

- Aux 360 jours du règne du pouvoir MPP et de ses alliés, nous avions conclu à une année de perdu pour le Burkina. 

- Depuis, nous avons continué les interpellations appuyées de bilans à mi-mandat, de meetings de dénonciation et de marches de démonstration confortées par une adhésion populaire éclatante.

A l’orée de l’année 2019, que dire de la situation de notre pays et de la gestion du MPP et de ses alliés ? Rien de différent, tellement les maux se suivent et s’aggravent. 

Depuis l’attaque de l’Hôtel Splendid et du restaurant Capuccino en janvier 2016 qui signait l’entrée des terroristes dans notre pays, la sécurité du Burkina Faso est en péril et notre intégrité territoriale menacée. La vitesse avec laquelle ces ennemis de notre peuple ont pu élargir leur champ d’action sur notre territoire national et hausser le niveau de violence de leurs attaques est une preuve consternante que nos dirigeants ont échoué sur ce terrain. 

La bravoure, le courage, le dévouement, l’engagement de nos vaillants soldats ne sont pas ici en cause. Eux qui, quotidiennement, font face aux attaques multiformes en payant de leurs vies la défense de la nation. 

Il s’agit de la manière déplorable, sinon condamnable, avec laquelle nos autorités politiques gèrent notre sécurité et la défense du Faso. 

Aujourd’hui, beaucoup de Burkinabè se posent des questions sur l’avenir de notre pays. Redire ici que nous appelons le Gouvernement à doter nos FDS en équipements conséquents ou à désigner des responsables compétents au niveau de la défense et de la sécurité, serait entonner un refrain qu’ils ont méprisé. Le Président du Faso doit savoir que les Burkinabè attendent de lui une initiative spéciale en la matière, pour éviter le syndrome afghan à notre pays. 

Il est important que l’opinion sache que sur cette question importante touchant à la vie de la nation, jamais le Président du Faso n’a daigné consulter son opposition. 

L’Opposition politique est responsable. Elle ne peut en aucun cas souhaiter le pire pour notre pays. Mais elle n’acceptera jamais que sous prétexte d’un besoin d’union sacrée, on lui interdise de faire des observations sur la politique du Gouvernement sur cette question sécuritaire. Autant nous continuerons à faire nos propositions et à les mettre à la disposition du Gouvernement si celui-ci le souhaite, autant nous ne manquerons pas de signaler les défaillances de cette politique sécuritaire qui conduit notre jeunesse au danger. 

Sur le plan politique, le MPP et  ses alliés sont tellement obsédés par leur maintien au pouvoir que leur champion lui-même s’est précipité, plus de deux ans avant l’échéance de son mandat, pour déclarer sa candidature aux élections présidentielles de 2020. Depuis lors, tous les faits et gestes du régime s’inscrivent, non pas dans une démarche stratégique pour résoudre les problèmes des Burkinabè, mais dans une série incohérente d’actions visant à consolider leur position dans la perspective de 2020. 

L’un des exemples de cette démarche singulière, c’est la manière dont le pouvoir en place a traité la question du Code électoral et le vote des Burkinabè de l’étranger. Alors que l’Opposition faisait preuve d’ouverture d’esprit en acceptant d’aller aux concertations organisées par le Chef de l'Etat, elle a compris très rapidement qu’elle participait au scénario d’un film dont la fin était déjà dictée à l’avance.

Pendant ce temps, les stigmates de la mauvaise gouvernance s’incrustent et s’élargissent. 

La corruption ne se cache plus. Forts de leur impunité, les puissants du moment ne se gênent plus pour étaler leurs biens mal acquis. 

La politisation de notre Administration continue de plus belle. Celle-ci est devenue la boutique du MPP qui distribue périodiquement ses cadeaux sous forme de nominations de complaisance, au détriment de patriotes valeureux et compétents qui ne demandent qu’à servir honnêtement leur pays. 

La gestion clanique de notre économie achève de détruire celle-ci, alors qu’elle était déjà tombée dans une léthargie profonde. Aujourd’hui, au Burkina Faso, des pans entiers de l’économie sont en difficulté : 

- L’industrie se meurt ; 

- Le commerce vivote ; 

- Le transport est en déclin ; 

- L’agriculture stagne et l’artisanat souffre de l’image de mauvaise destination qui colle à notre pays. 

Alors que notre économie est en difficulté, le régime du MPP s’est illustré dans une mauvaise gestion des finances publiques qui met notre pays au bord de la banqueroute. En cherchant des remèdes à ses propres fautes de gestion, il s’est lancé dans un matraquage fiscal sans précédent en procédant à des augmentations et à des inventions de nouvelles taxes : 

- Augmentation de 75 francs CFA sur le litre de carburant qui constitue en fait pour beaucoup de burkinabè une sorte de denrée de première nécessité. 

- Recouvrement au forceps des taxes de résidences ; 

- Réinstauration des vignettes sur les engins à moteur, etc. 

Cette ponction sur le pouvoir d’achat va davantage compliquer la situation des salariés qui avaient déjà du mal à joindre les deux bouts. Elle est incompréhensible, quand on observe dans le même temps le rythme de vie de l’Etat et de ses dirigeants. 

Ce climat morose provoque des fermetures de sociétés, amplifie le chômage et laisse au bord de la route une jeunesse désemparée, désespérément en quête d’emploi. 

Le secteur de l’éducation, socle de développement d’une nation, est traversé, lui-aussi, par une énième crise que le Gouvernement refuse de prendre à bras le corps.

Lors du meeting de l’Opposition politique tenue le 29 septembre 2018, celle-ci avait mis en garde le régime du MPP contre les atteintes aux libertés fondamentales et les entraves aux libertés syndicales. Les éléments récents nous confortent dans notre position et nous invitent à la plus grande vigilance.  

Notre justice, sur laquelle tant de choses ont été dites depuis l’avènement du pouvoir du MPP, n’a pas convaincu de son indépendance. Elle donne plutôt l’image d’un instrument de règlement de comptes ou de moyens de neutralisation d’adversaires politiques. 

La toile de fond de tout cela,  et sans doute l’un des plus grands défis que notre pays doit relever, c’est la question de la  réconciliation nationale. Il est clair et évident maintenant, après trois ans d’observation de leurs pratiques, que le MPP et ses alliés n’accordent pas à cette question la considération qu’elle mérite. Pire, ils se plaisent toujours à diviser, à indexer, à dresser les Burkinabè les uns contre les autres, à instrumentaliser les querelles anciennes et à rechercher des boucs émissaires à leurs échecs. Aujourd’hui, le Burkina Faso est une nation divisée, déboussolée, où les rancœurs renaissent et où les plaies ont du mal à cicatriser. 

Chers compatriotes, 

L’Opposition est convaincue que seul un peuple réconcilié avec lui-même peut affronter victorieusement les défis de la vie et bâtir un avenir prospère pour ses enfants. 

Au regard de tout ce qui précède, face à cette situation exceptionnelle, l’Opposition politique demande à nouveau et de manière solennelle au Président du Faso, de convoquer un « forum  des forces vives pour la paix et la réconciliation nationales » qui sera une occasion d’opérationnaliser le concept « Vérité-Justice-Réconciliation ». 

L’Opposition politique voudrait rassurer les Burkinabè qu’elle entend leurs appels et leurs souhaits à ce qu’elle s’implique davantage pour faire sortir notre pays de la crise. Consciente de ses responsabilités et attachée à son caractère républicain, l’Opposition politique n’a jamais refusé de donner sa contribution pour la résolution d’une question touchant à la vie de la nation. Le fait est, hélas, que le régime du MPP campe sur une arrogance qui lui interdit de solliciter la moindre contribution à l’Opposition, ou de prendre en compte les nombreux avis, suggestions et recommandations que celle-ci publie régulièrement à travers l’action de ses partis politiques, et les groupes parlementaires ou municipaux. 

En tout état de cause, l’Opposition politique reste fermement solidaire de la lutte du peuple burkinabè pour une gouvernance vertueuse, pour de meilleures conditions de vie, de travail et d’études, et pour un pouvoir d’achat amélioré. 

Lors de la marche qu’elle a organisée le 29 septembre 2018, l’Opposition politique a eu l’occasion de passer en revue tous les différents points de la mauvaise gouvernance du MPP. Elle avait, à cette occasion, présenté les éléments d’une plateforme dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ont été dédaigneusement ignorés par le régime du MPP. 

L’Opposition politique procèdera bientôt à l’évaluation de la réaction du Gouvernement vis-à-vis de cette plateforme. Elle invitera alors les Burkinabè à la rejoindre dans la forme d’action qui convient pour rappeler fermement à nos dirigeants leurs obligations.

Chers compatriotes, 

La situation difficile de notre pays ne doit cultiver en nous, ni l’abandon, ni l’abattement. Notre vaillant peuple est résilient et il sait que la lutte finit toujours par payer. Il trouvera toujours à ses côtés une opposition politique déterminée, engagée et combative. Ensemble, nous pouvons démontrer à la face du monde que le Burkina Faso sait prendre son destin en main lorsque la situation l’exige. 

Bonne et heureuse année à toutes et à tous !

Que Dieu bénisse le Burkina Faso ! 

Ouagadougou, le 31 décembre 2018

Le Chef de file de l’Opposition politique, 

Zéphirin DIABRE

 

 

 

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