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POLITIQUE

Après trois jours (20 et 21 décembre 2016, 5 janvier 2017) de débats sur la forme et les exceptions de procédures, le procès du Caporal madi et les 28 autres inculpés pour association de malfaiteurs et détentions illégales d’armes à feu et de munitions de guerre a été examiné sur le fond ce vendredi 6 janvier 2017 par le tribunal. Pour cette première journée de comparution, 9 inculpés sur 29 ont été entendus à  la barre.

 


Dramane Coulibaly, Yemdaogo Bontogo, Pascal Kientéga, Fulgence Bassolé, Abdoul Aziz Yiougou, Ousmane Sawadogo, Marius Yerbanga, Bakary Sanou et Alexis Malboné sont donc les neuf personnes entendues ce jour par le tribunal militaire de Ouagadougou.

Ils ont tous nié les faits d’associations de malfaiteurs à eux reprochés et ils ont livré leur version de l’affaire. Des débats contradictoires ont ensuite été menés entre le commissaire du gouvernement et les avocats de la défense. Pour Alioun Zanré, les inculpés sont bel et bien coupable des faits à  eux reprochés car ils n’ont pas informé la hiérarchie militaire du projet d’attaque de la Maison d’arrêt et de corrections des armées (Maca) et cela constitue un manquement grave selon lui.

Les avocats quant eux ont estimé que leurs clients sont restés constant dans la relation des faits et en aucune manière ils ont adhéré ou donné leur quitus à un quelconque projet de ce type.

Lors de l’audition de Abdoul Aziz Yiougou, les avocats de la défense ont refusé que soit intégré dans le dossier, les écoutes de la réunion qui a eu lieu chez le présumé cerveau Madi Ouédraogo. Pour eux, la retranscription « de cette pièce maitresse de l’acte d’accusation » n’a pas été faite en présence des parties adverses comme le stipule les textes. Selon donc les Conseils des accusés, cette pièce a « tout simplement parachuté » dans le dossier et s’il faut l’utiliser, il est impératif de commettre un expert en vue d’une authentification. Faute de cela, ils ont demandé au tribunal de retirer ladite pièce du dossier.

« Pour nous ce sont des stratagèmes que le ministère public a utilisé pour avoir ces enregistrements donc à partir de cet instant là, la légalité de cette pièce étant remise en cause, la pièce doit quitter le dossier. Cela est fondamentale dans un Etat de droit », a expliqué Me Christophe Birba, avocat commis d’office.

A ce propos, le président du tribunal a dit réservé sa décision au moment des délibérations finales.  Après avoir écouté le neuvième accusé à la barre, le tribunal a suspendu l’audience vers 17 h 50 minutes. L’audience reprendra ce samedi dans la matinée avec la suite des comparutions.

En rappel, le ministère public reproche à ces 29 inculpés, le fait d’avoir, au cours de réunions, planifié une tentative d’attaque de la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca) dans le but de libérer certains de leurs supérieurs ou compagnons d’armes, en l’occurrence le général Gilbert Diendéré, présumé chef des putschistes, et d’attaquer certains endroits stratégiques de la ville de Ouagadougou.

Dimitri Kaboré

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